Aix-en-Provence
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Culture
Tié du Sud : Révolution française, histoire sanglante à Aix-en-provence4min
Par Pascale Furioli23/05/2026 à 11:30
Comme chaque mercredi, notre historien fétiche, Michel Méténier, s’installe dans le studio de "La Famille Maritima" pour un récit qui fait froid dans le dos. Plongez au cœur d'Aix-en-Provence pendant la Révolution Française et découvrez une facette méconnue de notre histoire Provençale !
Un climat de tension extrême en Provence
L’histoire nous ramène en 1789. Comme nous l'explique Michel Méténier, la France et la Provence subissent alors un hiver d'une rigueur exceptionnelle : même les oliviers gèlent. Cette catastrophe naturelle entraîne de mauvaises récoltes, une flambée du prix du blé et, inévitablement, une famine qui attise les colères.
À ce chaos climatique s'ajoute une crise politique majeure avec l’élection des représentants aux États Généraux. À Aix-en-Provence, le mécontentement gronde. La ville, autrefois puissante capitale parlementaire, voit son influence s'effondrer au profit de Marseille. En 1792, Marseille devient officiellement le chef-lieu du département, un coup de grâce pour les Aixois qui perdent leur Parlement et leur prestigieux collège.
« Aix est devenue, entre guillemets, une médiocre sous-préfecture. » raconte Michel Méténier
La rivalité sanglante entre Aix et Marseille
La Révolution dans les Bouches-du-Rhône n'est pas qu'une affaire de lois et de décrets ; c'est aussi une lutte de pouvoir physique. Les troupes marseillaises investissent l'Hôtel de Ville d'Aix pour soutenir les clubs républicains locaux contre les aristocrates contre-révolutionnaires.
C'est dans ce contexte de "règlement de comptes" politique que le sang commence à couler sur le célèbre Cours Mirabeau. Les tensions entre la haute bourgeoisie aixoise et les révolutionnaires radicaux, encouragés par les voisins marseillais, atteignent un point de non-retour. La rue devient le théâtre d'une justice expéditive.
« Pascalis défend aux États Généraux l’idée de nation provençale : on fait partie de la France, mais on a une identité provençale. »
Les suppliciés du Cours Mirabeau : Pascalis et l'Abbé Vigne
Michel Méténier détaille avec précision les exécutions qui ont marqué la ville. L'avocat Pascalis, ennemi juré de Mirabeau et défenseur de l'identité provençale, est pendu à un réverbère en décembre 1790. Mais le récit atteint son paroxysme avec le destin tragique de l'Abbé Jean-Gabriel Vigne en août 1792.
Ce prêtre "réfractaire", ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, est intercepté alors qu'il tente de fuir vers l'étranger. Sans procès, il est pendu à une lanterne du Cours Mirabeau sous les cris des révolutionnaires. La foule, déchaînée, ira jusqu'à traîner son cadavre dans toute la ville. Un épisode sombre qui rappelle que la Terreur n'était pas qu'une exclusivité parisienne.
« Après la pendaison de l’abbé on coupa la corde et la population traîna son cadavre à demi nu par toutes les rues de la ville en lui prodiguant les plus infâmes outrages. »
📻 Chaque mercredi, retrouvez la Provence et son histoire
Dans l'émission La Famille Maritima, de 16h à 18h sur Maritima. Entre rires, culture et bonne humeur, c'est votre rendez-vous quotidien dans le Sud.
Plus d'épisodes des Petites Histoires de Michel Méténier
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