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Culture
Tié du Sud : Michel Méténier nous raconte la saga des Santons de Provence4min
Par Pascale Furioli17/01/2026 à 10:49
Chaque semaine, l’historien Michel Méténier nous enchante avec ses récits sur notre patrimoine régional dans « La Famille Maritima ». Après avoir évoqué les crèches d’église, Michel revient cette semaine sur la manière dont la crèche a investi nos foyers pour devenir une véritable affaire de cœur… et de commerce !
De l'église au salon : une tradition domestique
Si les premières crèches étaient réservées aux édifices religieux, elles ont commencé à apparaître dans la sphère privée dès la fin du XVIIe siècle. Michel Méténier nous révèle que la plus ancienne mention d’une crèche domestique remonte à 1692, à Avignon, dans le testament d’une certaine Marie du Moustier.
Preuve de leur importance, ces crèches étaient léguées de génération en génération. En 1790, un Marseillais, Lazar de Boissely, léguait ainsi à un monastère une crèche composée de seize figures en cire. À l'époque, ces objets avaient une valeur inestimable, tant spirituelle que matérielle.
Quand la crèche devient un business (et un lieu de rencontre !)
Bien avant la Révolution, la crèche est devenue une curiosité que l'on s'arrachait. Michel cite une anecdote savoureuse de 1789 : une dame marseillaise, Madame Payan, faisait payer 20 sols l'entrée pour admirer sa crèche de 17h à 21h.
Plus surprenant encore, ces expositions étaient de véritables lieux de vie sociale. On y venait pour écouter les chanteurs de Noël, mais aussi pour... draguer ! Il n'était pas rare que des célibataires fréquentent ces lieux bruyants et animés dans l'espoir de trouver leur future promise.
L'innovation était déjà au rendez-vous avec l'apparition des crèches mécaniques. En 1786, un dessinateur nommé Sieur Alphan présentait une crèche avec 25 figurines mouvantes, dont 15 qui marchaient et 3 qui jouaient de la musique !
Jean-Louis Lagnel : le « père » des santons
C’est à la fin du XVIIIe siècle que le santon tel qu’on le connaît — en argile crue moulée — prend son essor, remplaçant peu à peu la cire et le plâtre. Le grand nom de cette époque est Jean-Louis Lagnel. Modeleur professionnel, il est considéré comme le père du santon de Provence. On conserve encore aujourd'hui certains de ses moules, dont le plus ancien date de 1797.
Cette démocratisation a donné naissance à la célèbre Foire aux Santons de Marseille. Si la première édition en 1803 ne comptait que trois marchandes, celle de 1806 sur le Cours Saint-Louis a scellé le début d'une tradition qui a fêté cette année sa 223e édition !
Une tradition qui se chante
Pour conclure cette épopée, Michel rappelle que la culture du santon a aussi sa bande originale. En 1935, la célèbre chanson « Le Noël des petits santons » voit le jour. Écrite par Alibert (le gendre de Vincent Scotto), elle a connu un succès immense, obtenant même le Grand Prix Candide.
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À mercredi prochain pour une nouvelle page d'histoire !
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