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Culture
Tié du Sud : l'incroyable histoire de l'attentat de la Serviane par un anarchiste de Gignac4min
Par Pascale Furioli08/02/2026 à 11:13
Cette semaine dans "La Famille Maritima", notre historien Michel Méténier nous a plongés dans une affaire oubliée qui a secoué Marseille à la fin du XIXe siècle. Entre un jardinier anarchiste, un assassinat au couvent et un corps resté intact pendant des décennies, découvrez le récit incroyable de Louis Chave et de la Bienheureuse Marie de Jésus.
C’est une "petite histoire" comme seul Michel Méténier sait les dénicher. Tout commence à Gignac en 1862, avec la naissance de Louis Chave. Issu d'une famille très pauvre, orphelin de père très tôt, le jeune Louis est placé à Marseille, à l'institution des "Enfants de l’Étoile". Si l'on perd sa trace pendant quelques années, il réapparaît en 1883 comme jardinier au couvent de la Serviane, dans le quartier des Trois-Lucs à Marseille.
Un licenciement qui tourne au drame
Le couvent est alors dirigé par Marie de Jésus (née Deluil-Martiny), une femme issue d'une grande famille d'avocats marseillais. En janvier 1884, suite à une dispute, elle décide de renvoyer Louis Chave. Désespéré et sans ressources, le jeune homme de 22 ans bascule.
Inspiré par les mouvements anarchistes qui bouillonnent à Marseille, il décide de commettre un acte symbolique. Après avoir écrit à sa mère et à des journaux anarchistes pour justifier son geste, il revient au couvent sous prétexte de chercher son courrier. Dans sa poche : un pistolet. Il fait feu sur la Mère supérieure, la tuant sur le coup.
La fin tragique de l'assassin
La suite ressemble à un film : une traque s'organise dans la campagne environnante. Les paysans s'arment, les gendarmes interviennent. Louis Chave est finalement tué (ou se donne la mort) lors d'un affrontement dans un bosquet du jardin de la Serviane. L'affaire fait grand bruit : c'est le seul attentat anarchiste recensé dans les Bouches-du-Rhône à cette époque.
Les archives départementales conservent encore la dernière lettre de Louis Chave à sa mère.
Le mystère du "corps intact"
L’histoire ne s'arrête pas là. Des années plus tard, lors de la séparation de l'Église et de l'État, le cercueil de Marie de Jésus est exhumé pour être transféré en Belgique, la maison-mère de sa congrégation.
À la surprise générale, alors que les journaux de l'époque affirmaient que son corps s'était décomposé rapidement après le drame, sa dépouille est retrouvée parfaitement intacte.
"Le corps n'avait pas bougé", explique Michel Méténier. "Si vous allez aujourd'hui à Berchem, près d'Anvers, vous pouvez voir le corps de la Mère supérieure, exposé sur son lit, intact depuis plus d'un siècle."
Vers une troisième sainte pour Marseille ?
Béatifiée par le Pape Jean-Paul II en 1989, Marie de Jésus est aujourd'hui une "Bienheureuse". Marseille attend désormais un troisième miracle pour qu'elle puisse devenir sainte.
Vous voulez revoir cette chronique passionnante et découvrir tous les détails de Michel Méténier :
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