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« 16 m² de liberté » : la Galerie du Tableau, la plus petite et la plus folle de Marseille

3min

Par Maritima 25/02/2026 à 17:34

"Creusée" patiemment au cœur du 6e arrondissement, la Galerie du Tableau est une institution qui défie les lois de l’espace et du temps. Pour son « Fil Rouge », Maritima a poussé la porte du 37 rue Sylvabelle. Entre les aphorismes de son créateur de 91 ans, Bernard Plasse, et les toiles poétiques de Jacques Soulié, récit d’une matinée hors du cadre.

À Marseille, il y a les grands musées, et il y a « la grotte » de la rue Sylvabelle. Seize mètres carrés à peine, mais une histoire qui s’écrit depuis 35 ans. Notre reporter Michel Montagne s’y est rendu pour rencontrer Bernard Plasse, figure emblématique du monde de l’art marseillais, et son complice Jérémy Chabaud, qui l'assiste et assure aujourd'hui la relève.

 

Bernard Plasse, 91 ans et l'esprit qui gambade

Entrer dans la Galerie du Tableau, c’est d’abord rencontrer un personnage hors norme qui a, notamment, connu le pont transbordeur et croisé Picasso. « Il avait un regard perçant, comme un appareil de radiographie »,  décrit Bernard Plasse. à propos du célébrissime peintre espagnol. Malgré ses 91 ans, le galeriste-écrivain n'a rien perdu de sa superbe, de sa malice... ni de sa mémoire.

Le lieu lui ressemble : un « cabinet de curiosités » où l’on croise un buste blanc à son image couvert de traces de rouge à lèvres laissées par des admiratrices à l'occasion d'un vernissage. 
« Je préfère être vieux que moisi », c'est l'un des aphorismes que l'artiste-galériste cultive avec passion et sème autour de lui.
Encadrées, ces sentences de vie sont vendues au profit d'une galerie associative (et non spéculative) dont l'existence est plus fragile que celle de son fondateur, fait de chêne massif. Ici, l’art ne se fait pas pour l’argent, mais pour la rencontre et l'échange.

 

 

De Max Ernst au « Microbe » : une aventure née en 1991

L’histoire de cette galerie est aussi singulière que sa surface. Tout commence en 1991. À l’origine, Bernard ne souhaitait présenter qu’une seule œuvre par session. La première ? Un « microbe » de Max Ernst, une toile de la taille d'un timbre-poste. « L'idée était de montrer qu'avec un tout petit tableau dans un tout petit espace, on peut renvoyer à plein de choses, à l'imaginaire », explique Jérémy Chabaud au micro de Maritima.

Aujourd'hui, le rythme est toujours aussi effréné : un vernissage tous les lundis (une seule semaine à l'origine, toutes les deux semaines actuellement), de 18h à 21h.
Un roulemen
t à un rythme de jazz plus que d'adagio qui a permis à plus de 2 000 artistes (record à battre) venus du Japon, des États-Unis - mais aussi... de Marseille ! - d'exposer leurs œuvres sur ces murs étroits. 
Une surface en apparence modeste mais qui repousse ses limites en ayant été capable par le passé d'héberger plusieurs sculptures de 300 kilos ou encore 156 peintures tapissant ses parois.

 

 

Jacques Soulié : « Je peins comme je peux »

Jusqu'au 7 mars, c'est l'artiste peintre Jacques Soulié qui investit les lieux avec son exposition intitulée « Je peins comme je peux ». Entre surréalisme et poésie, ses toiles lumineuses racontent une histoire. « C'est une chance d'exposer ici, de voir mon travail avec du recul », confie l'artiste, qui en est à sa troisième exposition rue Sylvabelle en presque 25 ans. Et qui nous présente par exemple son clown qui ne supporte plus les rires.

Fidèle à l'esprit de partage de la galerie, Jacques et Jérémy pratiquent ce jour-là un « troc » d'œuvres, façon de partager l'art loin des transferts d'argent.

 

 

Un lieu ouvert à tous, « comme dans un moulin »

La particularité architecturale du lieu ajoute au charme : entre la galerie et le bureau de Bernard se trouve... le hall de l'immeuble : régulièrement, on entend donc une porte s'ouvrir, ce sont les voisins qui apparaissent ou disparaissent comme dans un décor de théâtre, non sans avoir pour la plupart passé la tête, histoire d'adresser un petit coucou à Bernard .

« Beaucoup de gens n'osent pas pousser la porte d'une galerie d'art, mais ici, tout le monde est le bienvenu », insiste l'équipe. Que vous soyez expert ou simple passant, la Galerie du Tableau vous accueille sans jugement.
Testez justement cet accueil en flânant "par hasard" devant le 37, rue Sylvabelle le lundi 9 mars à partir de 18 heures à l'occasion du vernissage de l'exposition de Nicole Biagioli.
Et pour conclure, un dernier aphorisme à l'anis pour la route :
« À Marseille, il faut être provençal en étant quelque chose d'autre. »

 

 

Infos pratiques

  • Quoi ? Exposition Jacques Soulié : « Je peins comme je peux ».

  • Où ? Galerie du Tableau, 37 rue Sylvabelle, 13006 Marseille (Métro Estrangin).

  • Quand ? Jusqu'au 7 mars. Vernissages réguliers les lundis soir tous les 15 jours.

  • Tarif ? Entrée libre.

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