Miramas
-
Culture
Tié du Sud : 1910, le premier meeting aérien en Provence à Miramas4min
Par Pascale Furioli30/05/2026 à 09:30
Chaque semaine, notre historien Michel Méténier nous plonge dans les racines de notre territoire. Installé dans nos studios Maritima, il nous fait revivre aujourd'hui l'incroyable épopée du premier meeting aérien de Provence, qui s'est tenu à Miramas en 1910.
Aux origines de l’aviation en Provence
Avant de devenir une terre d'excellence aéronautique avec Marignane ou la base d'Istres, la Provence a connu ses premiers frissons aériens grâce à des pionniers audacieux. Comme nous l'explique Michel Méténier, après les exploits de Clément Ader ou la traversée de la Manche par Louis Blériot en 1909, l'avion sortait à peine de la sphère confidentielle. Pour populariser cette technologie révolutionnaire, il fallait des événements spectaculaires : les meetings.
Si l’on cite souvent Paris, c’est bien à Miramas, au cœur de la plaine de la Crau, que l’histoire s’est écrite pour notre région. Dès février 1910, un projet d'aérodrome voit le jour sous l'impulsion de passionnés comme Messieurs Henri Blanc, Ceralier et Mancelon.
« L'avion reste alors quelque chose d'un peu confidentiel... pour faire connaître l'avion, il faut penser à des meetings. » — Michel Méténier.
Le meeting de 1910 : une foule en délire dans la Crau
Le rendez-vous est pris pour le 27 mars 1910. Le succès est immédiat et dépasse toutes les espérances. On estime que près de 30 000 personnes ont fait le déplacement jusqu'à Miramas pour admirer ces "fous volants". Un chiffre colossal pour l'époque, qui témoigne de la curiosité immense des habitants des Bouches-du-Rhône.
Sur place, sept hangars abritent les appareils de pilotes légendaires tels que Dufour ou Santos-Dumont. Pourtant, les débuts furent rudes. Les spectateurs durent affronter un temps exécrable : pluie, vent et même de la neige le 1er avril ! Les avions de l'époque, de véritables « boîtes d'allumettes » faites de toile et de bois, s'embourbaient facilement dans le sol détrempé de la Crau.
« 30 000 personnes à Miramas en 1910, c'est énorme parce que n’oublions pas que cette technologie est alors quasiment inconnue du grand public. » — Michel Méténier.
De la Crau à Istres : un héritage militaire
Malgré les caprices de la météo, l'événement monte en puissance. En mai 1910, pour le meeting de la Pentecôte, la piste est allongée à 5 kilomètres et le nombre de hangars double. Pour la première fois, on utilise même un rouleau compresseur à vapeur pour aplatir la piste et faciliter les décollages.
Cependant, les difficultés financières et le déclenchement de la Première Guerre mondiale changent la donne. L'aérodrome de la Crau devient un entrepôt de munitions. En 1917, l'activité de vol pur migre vers Istres, marquant le début de la célèbre base aérienne que nous connaissons aujourd'hui. Comme le souligne Michel, Miramas n'a pas tout perdu : le site accueille toujours l'Établissement de Munitions de Provence, employant encore 150 personnes.
« C’est une trace totalement oubliée de notre mémoire locale, parce qu’on parle toujours de l’aéroport d’Istreset de Marignane, mais Miramas a eu son aérodrome de la Crau bien avant. » — Michel Méténier.
Un grand merci à Michel Méténier pour ce partage de mémoire. Pour continuer à explorer l'histoire de notre région, des Bouches-du-Rhône à l'étang de Berre, suivez ses chroniques chaque mercredi dans "La Famille Maritima".
📻 Chaque mercredi, retrouvez la Provence et son histoire
Dans l'émission La Famille Maritima, de 16h à 18h sur Maritima. Entre rires, culture et bonne humeur, c'est votre rendez-vous quotidien dans le Sud.
Plus d'épisodes des Petites Histoires de Michel Méténier
A lire aussi
France
-
Culture
Patrick Bruel annule ses concerts dans les festivals de l'été dont celui à Salon de Provence
Marseille
-
Culture
« Jul, c’est le soleil, c’est ma vie » : l’incroyable ferveur des fans à Marseille avant les concerts au Vélodrome
France
-
Culture
Patrick Bruel se retire des spectacles des Enfoirés
Marignane
-
Culture
Marignane : "Cendrillon n'est plus un conte de fées", Julien Lestel transpose le ballet dans l'enfer de l'entreprise

