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ArcelorMittal Fos : "On perd 210 salariés malgré le redémarrage", l'inquiétude de la CGT sur Maritima3min
Par Maritima 13/03/2026 à 18:16
L'annonce a fait grand bruit ce matin : ArcelorMittal Fos s'apprête à relancer son deuxième haut-fourneau en juin prochain. Mais derrière cette « bonne nouvelle à court terme », la CGT dénonce une réalité sociale plus sombre. Invité ce vendredi après-midi sur Maritima, Steph Martins, secrétaire général du syndicat, pointe des effectifs en baisse, des risques de sécurité accrus et un flou persistant sur l'avenir du site après 2030.
Ce matin, la direction d'ArcelorMittal annonçait un investissement de 90 millions d'euros et le retour à une marche à deux hauts-fourneaux au second semestre 2026. Une annonce qui semble « surprenante » pour Steph Martins, au regard du plan de productivité mené en 2025 qui a vu la suppression de 308 emplois.
"On perd pratiquement 210 salariés"
Si la direction promet une centaine d'embauches, le compte n'y est pas pour le représentant syndical. "Quand on prend la photo avant l’arrêt de notre haut-fourneau à l’horizon 2024, on était 2647 salariés. Là on redémarre, mais quand on compare, on perd pratiquement 210 salariés", explique-t-il au micro de Cassandre Amouroux.
Pour la CGT, cette réduction d'effectifs sur l'ensemble de la chaîne de production (aciérie, cokerie, logistique) va peser lourdement sur les épaules des travailleurs restants : "Cette charge ne va faire que s’accroître. Le taux d’accidentologie ne va faire qu’augmenter."
Sécurité : l'alerte sur le recours à l'intérim
L'autre point de crispation concerne la formation. Pour compenser les besoins immédiats, le site va devoir recruter massivement des intérimaires. Une hérésie pour Steph Martins sur un site classé Seveso 2. "Trois mois, ce n’est pas suffisant pour former des fondeurs, des aciéristes ou des techniciens sur un site comme le nôtre. On va faire rentrer énormément d'emplois précaires non formés sur des installations où il y a énormément de risques. C'est un risque d'accidentologie et d'incident industriel majeur."
L'horizon 2030 : "Le site n'a aucun engagement"
Au-delà de l'actualité immédiate, c'est l'avenir à long terme du géant de l'acier à Fos-sur-Mer qui inquiète. Alors que le site de Dunkerque a bénéficié d'annonces claires sur la décarbonation avec un four électrique, Fos reste dans l'expectative.
"On a une vision à court terme qui rassure à l’instant T, mais on n’a aucun engagement au-delà de 2030", regrette le secrétaire général de la CGT. Le syndicat demande une intervention ferme des autorités publiques : "On demande à ce que l’État prenne ses responsabilités et nationalise les entités d'ArcelorMittal en France. Il faut pousser Mittal à investir massivement pour pérenniser les emplois et protéger les populations environnantes en décarbonant les sites."
Pour Steph Martins, sans investissement massif dans la décarbonation de l'intégralité de la capacité de production (10 millions de tonnes sur les deux sites français), l'avenir de la sidérurgie provençale reste menacé d'une "catastrophe" sociale et environnementale.
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