Fos-sur-Mer
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Économie
ArcelorMittal Fos : « On a frôlé la catastrophe », la CGT réclame la nationalisation face à l'Assemblée3min
Par Maritima 09/06/2026 à 17:07
Le jeudi 11 juin marquera un tournant décisif pour l’avenir de la sidérurgie en France. Alors que le projet de loi de nationalisation d’ArcelorMittal repasse en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, les salariés montent au créneau. Invité ce midi sur Maritima Radio, Steph Martins, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal Fos, dénonce un « désengagement » du groupe et une menace directe sur des milliers d'emplois.
L’heure est à la mobilisation. Pour la CGT, la nationalisation n’est plus une option, mais une nécessité vitale. Steph Martins ne mâche pas ses mots au micro de Manuel Danloy : « ArcelorMittal est en train de se désengager petit à petit de toutes ses entreprises françaises et européennes pour investir massivement aux États-Unis et en Inde. »
Des installations « vétustes » et une sécurité en péril
Le constat dressé sur le terrain est alarmant. À Fos-sur-Mer, l'état des infrastructures inquiète les représentants du personnel. « On est dans un état de vétusté très avancé. En moins de deux ans, on a frôlé la catastrophe à trois reprises, sur le plan industriel et humain », alerte le secrétaire général.
Selon le syndicaliste, le groupe préfère verser des dividendes records (des dizaines de milliards en 2020-2021) plutôt que de réinvestir dans l'outil de travail provençal. « L’argent, le groupe Mittal l'a. Mais il met une pression constante sur les gouvernements respectifs pour obtenir des aides publiques sans contrepartie. »
Un enjeu colossal pour l'emploi en Provence
ArcelorMittal Fos, ce n'est pas seulement une usine, c'est le poumon économique de la zone portuaire. Les chiffres cités par Steph Martins parlent d'eux-mêmes :
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2 300 salariés directs.
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1 500 sous-traitants permanents.
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18 % des emplois industriels de la zone portuaire.
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3 % des emplois de tout le département des Bouches-du-Rhône.
« Si Mittal vient à se désengager totalement, ce sont des dizaines de milliers d'emplois induits qui sont concernés demain », prévient-il. Face à cette menace, la CGT appelle le gouvernement à « taper du poing sur la table » pour reprendre la main sur cette industrie stratégique.
« Si l’industrie n’est pas un élément de souveraineté, je ne sais pas ce qu’est la souveraineté nationale. » – Steph Martins, CGT ArcelorMittal Fos.
Transition écologique : le flou artistique
Le syndicat pointe également du doigt les retards sur la décarbonation. Si un four électrique a été acté à Dunkerque, Fos semble rester sur le carreau. « On nous parle de projets, mais pour qu’un projet voie le jour, il faut que les premières pierres apparaissent. À l’heure actuelle, il n’y a rien », déplore l'invité.
La situation est d'autant plus critique que le bassin de Fos subit de plein fouet les conséquences sanitaires de l'activité industrielle. « On sait que c’est un des bassins avec le taux le plus élevé de cancers. Il faut une industrie plus propre pour protéger les salariés et les populations environnantes. »
Appel à la grève le jeudi 11 juin
Pour porter ces revendications jusqu'au Palais Bourbon, la CGT appelle l'ensemble des salariés à la grève ce jeudi 11 juin. Une délégation se rendra devant l'Assemblée nationale à 11h.
L'enjeu dépasse les grilles de l'usine : sans acier français, ce sont les filières de l'automobile, du nucléaire et de la construction qui pourraient se retrouver fragilisées.
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