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Économie
Marseille : près d'une épicerie de nuit sur deux vendrait illégalement cigarettes de contrefaçon ou puffs3min
Par Maritima 31/03/2026 à 08:13
Selon une vaste enquête par « visites mystères » publiée ce mardi 31 mars 2026, Marseille s'impose comme l'un des points noirs du marché parallèle de la nicotine en France. Dans certains quartiers de la ville, près d'une épicerie de nuit sur deux proposerait des cigarettes de contrefaçon ou des "puffs" pourtant interdites.
Marseille : un triste record pour les cigarettes et les vapes
Menée par la société spécialisée Webdrone pour le compte de la Confédération des Commerçants de France (CDF) et de la Fédération des Épiciers de France, l'enquête a passé au crible plus d'un millier d'établissements.
À Marseille, les chiffres explosent les moyennes nationales :
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47 % des épiceries de nuit visitées vendent illégalement des cigarettes (contre 30 % au niveau national).
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39 % des établissements proposent toujours des puffs (cigarettes électroniques jetables), alors que leur commercialisation est interdite depuis un an.
Les quartiers les plus touchés : le centre et l'Est en première ligne
L'étude dresse une cartographie précise du phénomène dans la cité phocéenne. Les enquêteurs ont noté une concentration particulièrement forte dans cinq arrondissements :
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Les 3e, 4e et 5e arrondissements.
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Le 6e (centre-ville) et le 10e arrondissement.
Plus inquiétant encore, l'enquête révèle que ces produits illicites sont parfois vendus à seulement quelques centaines de mètres d'établissements scolaires (collèges et lycées), facilitant l'accès des mineurs à la nicotine.
Le "cercle vicieux" de la taxation et de l'interdiction
Pour les représentants des commerçants, cette explosion du marché noir est la conséquence directe d'une politique axée sur la hausse des taxes et la prohibition. "L’augmentation de la fiscalité sur le tabac stimule un marché parallèle", soulignent la CDF et la Fédération des Épiciers.
Cette situation crée une concurrence déloyale insupportable pour les commerçants respectueux des règles et participe à la désertification des centres-villes, où la vacance commerciale atteint désormais 11,6 %.
Les commerçants demandent des moyens
Face à des trafics devenus extrêmement lucratifs, les buralistes et épiciers se sentent démunis. Selon l'étude, 56 % des maires de France partagent un sentiment d'abandon de la part de l'État en matière de sécurité sur ce dossier.
"Il est temps de donner aux maires des moyens juridiques et opérationnels adaptés", martèle Pierre Bosche, Président de la CDF. De son côté, Alexis Roux de Bézieux, Président de la Fédération des Épiciers de France, rappelle que ces dérives ne reflètent pas l’éthique de la profession : « Ces pratiques portent gravement atteinte à l’image des épiciers, qui sont avant tout des commerçants de proximité responsables et des vecteurs de lien social. »
Les fédérations appellent désormais à une stratégie globale incluant le démantèlement des filières de contrefaçon et un contrôle plus strict des maires sur l'ouverture des nouveaux commerces.
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