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Économie
Reprise de JOTT à Marseille : la CCI et les acteurs de la mode montent au créneau pour sauver l'ADN local2min
Par Maritima 10/04/2026 à 08:02
L’heure du verdict approche pour JOTT. Alors que le Tribunal des Activités Économiques (TAE) de Marseille doit rendre sa décision ce lundi 13 avril concernant l'avenir du spécialiste de la doudoune légère, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) et le syndicat "Mode in Sud" sortent du silence. Dans un communiqué commun, ils appellent à privilégier l’ancrage marseillais et la sauvegarde des 200 emplois menacés. Un cri du cœur pour préserver l'une des marques les plus emblématiques de la cité phocéenne.
Un symbole marseillais à la croisée des chemins
Créée à Marseille en 2010, JOTT est bien plus qu’une marque de prêt-à-porter : c’est une véritable réussite entrepreneuriale locale. Connue dans le monde entier pour ses doudounes colorées et compactables, l’entreprise emploie aujourd'hui plus de 250 personnes en France et réalisait encore 70 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Mais placée en redressement judiciaire en décembre dernier, la société est aujourd'hui au cœur d'une bataille de repreneurs. Pour Jean-Luc Chauvin, président de la CCI métropolitaine AMP, et Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, l’enjeu dépasse les simples chiffres : « Préserver JOTT, c’est préserver un écosystème, une identité et un savoir-faire qui participent à la vitalité économique de notre région. »
"Projet Mars" contre "Amoniss" : deux visions s'opposent
Le tribunal a examiné trois offres sérieuses le 28 mars dernier, mais deux projets attirent particulièrement l'attention :
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Le groupe Amoniss : société d’investissement possédant déjà Chevignon et Lee Cooper. Elle propose 3 millions d’euros et s'engage à reprendre 77 % des effectifs (environ 195 salariés). Cette offre a recueilli la majorité des suffrages des parties prenantes (administrateurs, banques).
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Le "Projet Mars" : porté par l’un des fondateurs historiques et des salariés actuels. Cette offre privilégie l'ancrage local mais propose un prix de cession de 900 000 euros et le maintien de seulement 34 % des postes.
C’est précisément sur cette dimension humaine et historique que la CCI et Mode in Sud interpellent le tribunal. Ils soutiennent la mobilisation des salariés unis autour d'un projet porté par l’un des créateurs de la marque, y voyant une volonté de "préserver une aventure entrepreneuriale profondément marseillaise".
Sauver le siège et la filière mode locale
Pour les acteurs économiques locaux, le maintien du siège social à Marseille est une condition non négociable de la pérennité de la marque. JOTT joue un rôle moteur en structurant la filière textile dans le Sud, un secteur déjà lourdement éprouvé par la crise du prêt-à-porter et la concurrence de la mode ultra-éphémère venue d'Asie.
« Nous avons toute confiance dans la capacité du tribunal à apprécier les critères essentiels : solidité du projet, maintien des compétences et ancrage territorial », soulignent Jean-Luc Chauvin et Jocelyn Meire.
Le monde économique marseillais retient son souffle jusqu'à lundi. La décision du Tribunal des Activités Économiques marquera soit un nouveau départ pour JOTT dans son berceau d'origine, soit son intégration dans un grand groupe national.
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