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« On ne paiera pas ! » : le coup de gueule de Philippe Korcia (UPE 13) face au « trou » budgétaire de la Métropole Aix Marseille Provence3min
Par Maritima 21/04/2026 à 10:01
Alors qu’il manque 123 millions d’euros à la Métropole Aix-Marseille-Provence pour boucler son budget d'ici la semaine prochaine, le monde économique tape du poing sur la table. Invité du « Grand Réveil » sur Maritima Radio ce matin, Philippe Korcia, président de l’UPE 13, a exprimé une colère froide face à l'éventualité d'une hausse des taxes sur les entreprises. Entre menace de « flicage » et appel à la réduction du train de vie de l’institution, il prévient : les patrons ne seront pas les variables d'ajustement.
Le constat est dramatique pour l'institution métropolitaine, et pour Philippe Korcia, la responsabilité est partagée entre l'État et une gestion interne trop lourde. Soutenant l'appel à l'aide lancé par le président de la métropole Nicolas Isnard vers le gouvernement, le patron de l'UPE 13 réclame d'abord une restitution. « Entre 2025 et 2026, l’État a pris près de 100 millions d’euros à la Métropole en termes de dotations. Qu’on nous rende l’argent qui a été pris ! », a-t-il martelé au micro de Didier Gesualdi.
Le « versement mobilité » dans le viseur : « Inacceptable et intolérable »
Pour combler le déficit, l'une des pistes évoquées est le déplafonnement du versement transport (ou versement mobilité), une taxe payée par les entreprises pour financer les infrastructures de transport. Une option qui fait bondir Philippe Korcia. « C’est inacceptable et intolérable. Je connais le nouveau président de la Métropole et je sais qu’il est très proche des entreprises, j’ose espérer qu’il n’ira pas sur cette idée parce que, tout simplement, les entreprises ne peuvent plus payer. »
Selon lui, la situation internationale (conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, prix du carburant) a déjà rendu les entreprises « exsangues ». « On en a marre de vivre d’aides, mais on en a marre aussi de devoir rembourser à chaque fois. On sort à peine des PGE (Prêts garantis par l'État), les remboursements s'arrêtent entre avril et juin... on ne peut pas replonger. »
Réduire le « train de vie du mammouth »
Avant de demander un effort supplémentaire aux acteurs économiques, Philippe Korcia exige que la Métropole balaie devant sa porte. Il appelle à une réorganisation profonde pour dégager des marges de manœuvre. « Il faudrait d’abord réduire le fonctionnement de cette Métropole. Il faudrait arrêter d’empiler les couches administratives et réduire le train de vie du mammouth. Une fois qu'on aura réduit les frais de fonctionnement de 100 ou 150 millions d'euros, on pourra peut-être discuter. »
La menace des « gilets cravates »
Le ton s'est durci en fin d'entretien. Philippe Korcia n'exclut plus une forme de désobéissance fiscale si la pression sur les entreprises devient trop forte. Rappelant que les entreprises sont les premiers investisseurs et créateurs d'emplois du territoire, il prévient les décideurs politiques. « Il y a eu les gilets jaunes, et bien ce sera les gilets cravates ! On n’ira pas, on ne paiera pas. On ne paiera plus parce qu'on ne peut plus. Ce n'est pas qu'on ne veut pas, c'est qu'on ne peut plus ! »
La semaine prochaine s'annonce donc électrique. La Métropole doit impérativement voter son budget de 5 milliards d'euros, sous peine de voir l'institution potentiellement mise sous tutelle de l'État, une perspective qui inquiète autant qu'elle agace le représentant de l'UPE 13.
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