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Marseille : à la savonnerie Fer à Cheval, 170 ans d'histoire et de "petits bonheurs" en chaudron

3min

Par Maritima 26/04/2026 à 09:24

Le "Fil Rouge" de Maritima s'est installé au 66 chemin de Sainte-Marthe, dans le 13e arrondissement de Marseille. Notre reporter Michel Montagne a poussé les portes de la savonnerie Fer à Cheval, la plus ancienne usine de savon de Marseille encore en activité. Entre chaudrons monumentaux, traditions ancestrales et renaissance économique, récit d'une visite hors du temps au cœur d'un monument historique.

Fondée en 1856, l’usine était à l’origine une fabrique de bougies avant de devenir cette institution mondialement reconnue, médaillée d’or à l’Exposition Universelle de Paris en 1900. "À l’époque, les gens ne savaient pas forcément lire et écrire, il était d’usage d’appeler son entreprise par un symbole que tout le monde pouvait reconnaître. Le fer à cheval portait bonheur", explique Anaïs Aubert, chargée de communication et l'une des gardiennes de l'histoire du lieu.

 

 

Le "chef cuistot" et la pâte que l'on goûte

Ici, on ne plaisante pas avec la recette. Le véritable savon de Marseille ne contient que quatre ingrédients : de l’eau, du sel, de la soude et des huiles végétales. "Pas de parfum, pas de colorant. Le savon doit avoir la couleur et l’odeur de ses huiles", précise Anaïs Aubert.

Le processus de fabrication, dicté par l'Édit de Colbert de 1688, dure entre sept et dix jours. Au centre de l'attention : les maîtres savonniers. "Ce sont un peu nos chefs cuistots à nous", s’amuse Anaïs. "Ils surveillent le processus au-dessus du chaudron et, selon une petite tradition, ils goûtent même un tout petit peu la pâte de savon sur leur langue pour vérifier la teneur en sel." Un savoir-faire qui rend hommage à Michel Bianconi, maître savonnier emblématique de la maison disparu il y a deux ans.

 

 

Des chaudrons de 9 mètres et une charpente historique

Le site lui-même est un voyage architectural. La salle des chaudrons est classée monument historique. On y trouve trois générations de cuves, dont les plus impressionnantes mesurent entre 6 et 9,50 mètres de haut pour 3 mètres de diamètre. "Un chaudron plein peut contenir jusqu’à 15 tonnes de savon, dont un minimum de 10 tonnes d’huile", détaille Raphaël Seghin, coprésident du site avec son frère depuis 2013.

Même la charpente en bois de châtaignier, datant de 1850, raconte une histoire. "Ce que l'on voit dessus, ce n'est pas de la moisissure, mais 170 ans de production qui se sont greffés sur le bois, comme une cire protectrice", explique Luc Pennacchia, le guide du jour, par ailleurs attaché commercial de l'entreprise. À l'origine, les savonniers utilisaient même le Mistral pour faire sécher le savon en ouvrant simplement les volets du bâtiment, avec l'aide également au toit ajouré - et désormais classé - qui laissait passer le souffle du vent.

 

 

De la liquidation judiciaire au succès mondial

Pourtant, ce patrimoine a failli disparaître. En 2013, Raphaël Seguin et son frère reprennent l'entreprise alors en redressement judiciaire. "Le savon de Marseille avait été un peu oublié en faveur des gels douche et des détergents industriels", se souvient Raphaël. "Nous militons pour remettre en avant les vertus de ce produit ancestral. C’est un produit écologique, économique, un véritable couteau suisse pour la maison."

La preuve par les chiffres : avec seulement 750 grammes de copeaux mélangés à de l'eau et du bicarbonate de soude, il est possible de fabriquer entre 600 et 700 litres de lessive maison. Une efficacité qui séduit une population en quête de sens et de circuits courts.

 

 

170 ans et pas une ride

Aujourd'hui, pour conquérir de nouveaux clients, la savonnerie Fer à Cheval au côté de ses classiques indémodables, ajoute de nouvelles gammes en collaborant avec des artistes marseillais comme Monochromic pour créer des savons aux formes de cigales ou de coquillages.

L’entreprise, qui s’apprête à fêter ses 170 ans, donne déjà rendez-vous aux Marseillais en mai prochain pour découvrir un savon spécial commémoratif. "On est vraiment à la croisée entre la modernité et la tradition", conclut Anaïs Aubert.

 

Infos pratiques :
Des visites sont organisées régulièrement pour découvrir les coulisses de la fabrication. Plus d'informations sur les horaires et inscriptions sur le site de la savonnerie.

 

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