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Économie
Miel, fromage de chèvre et... cidre urbain : le marché des producteurs de Saint-Just a fêté l’été à Marseille3min
Par Maritima 30/06/2026 à 18:35
Ce matin, l’esplanade Charles Aznavour, au pied de l’hôtel du département à Saint-Just, s'est transformée en une immense halle à ciel ouvert. Entre les étals colorés et le chant des cigales, notre reporter Michel Montagne a rencontré ces producteurs passionnés qui font vivre le terroir des Bouches-du-Rhône. Entre innovations pour contrer la canicule et reconversions insolites, récit d’une matinée riche en saveurs.
Sous le soleil déjà haut de Marseille, l’ambiance était spéciale ce mardi pour la fête de l’été du Marché des producteurs. Plus discrètes à l'approche de midi, les cigales ont accompagné de leur chant des producteurs qui redoublent d’ingéniosité pour protéger leurs produits et leurs bêtes.
Des ruches peintes en blanc pour sauver les abeilles
À la Miellerie Symbeeose de la Fare-les-Oliviers, l’heure est à l’adaptation. Charlotte Romain, ancienne infirmière reconvertie en apicultrice depuis 2022, prend soin avec son compagnon de ses 600 ruches bio avec une méthode inspirée des pays méditerranéens.
« Ces derniers jours, on a carrément peint les toits en blanc, comme font les Grecs ou les Maltais, pour essayer de faire diminuer au maximum la température », explique-t-elle au micro de Maritima. Si ses abeilles sont en bonne santé, le dérèglement climatique impacte directement la ressource florale : « Les floraisons souffrent, donc il y a plus ou moins de miel, c'est l'aléa de l'apiculteur. » Malgré la fatigue des transhumances nocturnes dans le Jura ou l’Isère, Charlotte propose une variété impressionnante : lavande, garrigue, châtaignier et même du miel de sapin ou de ronce.
Le pari fou du cidre marseillais
C’est l’une des curiosités du marché : du cidre produit en plein centre-ville de Marseille ! Lauréline Sainte-Marie a fondé la Cidrerie Marseillaise en 2021 après une carrière dans le milieu culturel.
« Mon pari, c'est de dire : buvons du cidre en toute circonstance, c'est délicieux ! » s'exclame-t-elle. Elle assemble des pommes de table de Provence avec des pommes cidricoles venues de Normandie, où elle s’est formée. Sa chouchoute ? La « Cuvée Provençale », qu’elle surnomme son « petit champagne » composée quant à elle uniquement de fruits de notre terroir : « La robe est claire, la bulle est fine, l'aromatique est plutôt florale et fraîche. » Rien ne se perd puisque ses résidus sont confiés à d'autres créateurs locaux et servent à fabriquer du vinaigre et de l’eau-de-vie.
(et bien sûr, à déguster - toujours - avec modération)
Face à la canicule, les maraîchers s'organisent
Pour Alexandre Troupel, producteur à Châteauneuf-les-Martigues, la chaleur est un défi quotidien. Ses plantes et fleurs comestibles garnissent les tables des plus grands restaurants, comme le Mazza à Marseille ou le Louis XV à Monaco.
« Dans les tunnels, sans protection, ça peut monter à 50°C. Avec la peinture blanche sur les serres pour rejeter les infrarouges, on limite à 35°C », précise-t-il. Pour tenir le coup, ses équipes commencent le travail dès 6 heures du matin. Sur son étal, les clients se pressent à la recherche de ses tomates, poivrons, aubergines, courgettes idéales pour une ratatouille ainsi que sa célèbre « salade croquante » qui fait fureur cet été.
L’exigence du Bio : « On est beaucoup plus contrôlés »
Un détour par Salon-de-Provence s’impose avec Veith, ancien professionnel de l’hôtellerie d’origine allemande, reconverti depuis 30 ans dans le fromage de chèvre au sein de son exploitation "la Chèvrerie de la Miette".
Adepte du label bio, il ne cache pas la rigueur que cela impose : « On a deux à quatre contrôles par an. On doit toujours se justifier. » confie-t-il alors que les clients s’impatientent déjà pour ses brousses et ses crottins.
Na pas oublier de faire un arrêt au stand de Laurent Chabert du Domaine Saint-Vincent à Mallemort. Sa spécialité ? L'huile d'olive maturée : « On ramasse les olives en même temps, on en fait un premier lot en frais, et un deuxième lot qu'on laisse monter en température pendant 4-5 jours pour les amener à maturité. On obtient un goût d'olive noire, un goût de tapenade »,
Pratique : le marché des producteurs de Saint-Just vous accueille tous les mardis matin jusqu'à 13h (et exceptionnellement 14h30 pour les fêtes). Retrouvez également les marchés de la Barasse et d'autres points de vente sur le site du département des Bouches-du-Rhône.
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