Marseille
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Pillages. « On était livrés à nous-mêmes », dénonce la Fédération des commerçants de Marseille-Centre4min
Par Manuel Danloy19/10/2026 à 14:13
Après ces scènes de pillage et des violences urbaines qui ont frappé le centre-ville de Marseille, le désarroi et la colère dominent chez les commerçants. Interrogé ce lundi sur Maritima, Guillaume Sicard, président de la Fédération des commerçants de Marseille Centre, déplore le manque d'anticipation et l'absence de forces de l'ordre au plus fort des dégradations, tout en appelant les citoyens au soutien économique et local.
Deux jours après les événements, le choc reste intact dans les artères commerçantes de la cité phocéenne. Vitrines brisées, enseignes dévalisées et commerçants contraints de monter la garde toute la nuit : le bilan matériel et psychologique est lourd.
Guillaume Sicard, président de la Fédération des commerçants de Marseille Centre, exprime l'impuissance des professionnels du secteur : « On est un peu sans voix par rapport à la situation, par rapport à tout ce qu'on a vécu, qu'on a déjà vécu il y a trois ans maintenant... On voit que ça se renouvelle et du coup oui, on est un peu les bras ballants et on essaie de trouver des solutions, d'essayer de coordonner avec les institutions, que ce soit la Chambre de commerce, la Ville, le Département, la Région... des aides pour nos confrères commerçants. »
« On s'est vraiment senti seul »
Si les violences subies rappellent les émeutes de 2023, le représentant des commerçants estime qu'un palier supplémentaire a été franchi dans la gravité des actes commis par les casseurs et les pilleurs : « C'était plus violent... Après, le résultat est le même : il y a plus de magasins, mais enfin bon, ça reste des magasins vidés et des magasins pillés par des voleurs, par des casseurs... »
Face aux critiques exprimées par le maire de Marseille Benoît Payan sur le manque d'effectifs policiers déployés en début de week-end, Guillaume Sicard confirme le sentiment d'abandon ressenti sur le terrain par les commerçants eux-mêmes : « Oui effectivement, on a été un peu livrés à nous-mêmes sur la période de samedi et de la nuit de samedi à dimanche... Beaucoup de commerçants étaient présents pour garder leur magasin. Ouais, un petit peu de solitude quand même par rapport à la situation. »
Une présence policière renforcée aurait-elle pu éviter le carnage ? Pour le président de Marseille Centre, la réponse ne fait aucun doute : « Ah ben certainement, oui oui oui ! C'est sûr qu'aujourd'hui on s'est vraiment... on s'est un peu senti seul. Même si on est conscient de la situation, du nombre de casseurs et que c'était quand même compliqué de préserver tout le monde, mais c'est vrai qu'on aurait souhaité avoir plus de police dans les rues de Marseille sur cette période-là. »
Évaluation des dégâts et craintes avant le week-end prochain
Alors que les fédérations professionnelles recensent l'ensemble des pertes pour monter les dossiers d'aide et d'indemnisation avec les collectivités, l'inquiétude reste vive face aux appels à de nouvelles manifestations samedi prochain : « Nous, on ne redoute pas les manifestations... Ce qui nous embête, ce qui nous fait peur, c'est les voleurs, c'est les casseurs. Je pense qu'il faut vraiment différencier les manifestations des casseurs, ce ne sont pas les mêmes. Il faut sécuriser le centre-ville, sécuriser les commerces, les centres commerciaux... On a un rôle important dans l'économie et on est un peu inquiet sur samedi prochain. »
Un appel clair au ministre de l'Intérieur : « Avoir des informations claires »
Alors que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez était attendu ce lundi après-midi à Marseille (visite annulée), pour rencontrer les acteurs économiques et les élus, Guillaume Sicard attend des réponses précises sur la stratégie d'anticipation et les consignes de sécurité transmises aux commerces : « On veut savoir quelle a été la stratégie de la police, pourquoi ils étaient moins présents en centre-ville... Avoir des éclaircissements sur quelle anticipation il a pu y avoir, parce que c'est vrai qu'on a été un peu surpris. Aujourd'hui, on ne veut pas entendre des bruits sur les réseaux sociaux pour savoir ce qu'il faut faire, mais plutôt avoir des informations claires et définies de la part de la préfecture ou des institutions pour nous dire ce qu'il faut faire, s'il faut fermer ou vider les magasins. »
Pour conclure, le président de l'association lance un appel à la solidarité de tous les Marseillais pour soutenir leurs boutiques de quartier : « Le meilleur soutien qu'on puisse avoir, c'est de consommer local, consommer régional, consommer centre-ville. C'est le meilleur moyen pour les Marseillais de se remettre un peu de ce qui s'est passé, de continuer à travailler et de pouvoir exercer notre activité. »
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