Plan de Campagne
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Économie
L’implantation de Primark à Plan de Campagne : Un projet qui fait grincer des dents3min
Par Cyrielle Blazikowski11/07/2026 à 12:00
L’arrivée prochaine de l’enseigne à bas coût Primark, commandée par la galerie Barnéoud, suscite de vives inquiétudes de la part des communes ainsi que des clients.
Un projet immobilier jugé « incohérent »
Les grues et les pelleteuses s'activent sur le parking de Kiabi. Pour Kevin Robert, porte-parole de la zone commerciale, la construction de ce nouveau bâtiment de 5 000 m² sur trois étages est un non-sens écologique et économique. Il dénonce un projet immobilier qui vient bétonner de nouveaux espaces alors que la galerie Barnéoud compte déjà plus de 30 000 m² de surfaces commerciales vides. Initialement déposé sans que le nom de l'enseigne ne soit connu, ce projet aggrave la vacance commerciale de la zone, qui frôle désormais un seuil critique avec 40 000 m² inoccupés sur 360 000.
Menaces sur l'emploi et les commerces locaux
Au-delà de l'impact visuel et environnemental, les risques économiques pour les commerçants actuels sont majeurs. Selon le porte-parole, l'implantation de Primark pourrait déstabiliser l'ensemble de la zone, entraînant une perte de la valeur des fonds de commerce et des valeurs locatives. Plus alarmant encore, le bilan sur l'emploi pourrait s'avérer négatif : si l'enseigne crée des postes, la destruction d'emplois chez les concurrents à proximité (comme Kiabi, situé à seulement 50 mètres) risque d'être bien supérieure. Face à cette situation, les maires des communes limitrophes de Cabriès et des Pennes-Mirabeau réclament la création d'un comité de pilotage pour décider collectivement de l'avenir de la zone. « Avec mon homologue des Pennes-Mirabeau, nous craignons que les 7 500 emplois de la zone soient altérés. La zone commerciale de Plan-de-Campagne doit rester la première en France, attractive, diversifiée et durable et ne pas basculer dans une situation de monopole », s'inquiète Amapola Ventron, maire de Cabriès.
Le ras-le-bol des clients
Du côté des usagers, l'enthousiasme n'est pas non plus au rendez-vous. Pour Jean-Luc et Valérie, habitant de Cabriès, cette nouvelle construction est totalement inopportune. « Ce qui était un atout il y a quelques années n'en est plus un aujourd'hui parce qu'on est débordé par les commerces », déplore Valérie. De plus, la concurrence directe avec les enseignes déjà en place est perçue comme une menace pour la diversité de l'offre.
Latifa et son fils Yanis, également clients de la zone, pointent du doigt les problèmes logistiques majeurs que va engendrer ce géant du prêt-à-porter. Latifa redoute un engorgement total des voies d'accès, affirmant que la zone est déjà saturée, particulièrement le week-end : « Avec les bouchons, ce sera invivable, je ne viendrai plus ». Yanis, quant à lui, critique un bâtiment en béton, construit au beau milieu du parking, ce qui réduira encore le nombre de places disponibles dans une zone qu'on ne peut pas dire pensée pour les piétons. « S'il n'y a plus de places pour se garer, c'est la galère », conclut-il.
L'avenir de Plan de Campagne semble désormais suspendu aux décisions du futur comité de pilotage. « Il sera composé des associations de propriétaires, des deux communes, de l’État et de la Métropole, pour envisager sereinement un déploiement moderne de notre zone commerciale mais pas au détriment de ce qui existe déjà », précise l'édile de Cabriès.
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