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Flambée des carburants : "Notre secteur est littéralement étranglé", l'alerte des transporteurs routiers en PACA3min
Par Maritima 25/03/2026 à 14:08
Le cri d’alarme est unanime. Entre la hausse vertigineuse du gazole professionnel (+31,1 %) et des marges historiquement faibles, les transporteurs routiers de la région PACA sont au bord de la rupture. Invité ce matin de Didier Gesualdi sur Maritima radio, Jean-Luc Delabre, directeur régional de TLF, dénonce une situation intenable malgré les premières annonces du Gouvernement. Le secteur menace de se mobiliser.
Le constat est sans appel : le poste carburant est devenu un gouffre pour les entreprises de transport. "Il faut savoir que le poste carburant dans les charges d’exploitation d’un transporteur, c’est 30 %", explique Jean-Luc Delabre au micro de Maritima. "Avec une hausse de 30 % sur ce poste, vous avez mécaniquement un coût de revient qui augmente de 9 à 10 %. Or, dans un secteur où les marges sont de 2 %, le calcul est vite fait : on travaille à perte."
Une "hécatombe" d'entreprises déjà en cours
Cette crise énergétique vient percuter un secteur déjà fragilisé depuis fin 2023. Selon le directeur régional de TLF Méditerranée, la situation est "effarante" : "On a plus de 600 entreprises par trimestre qui font l'objet d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire. L'an dernier, 2 500 entreprises étaient déjà en défaillance. Subir depuis un mois cette hausse extraordinaire, c’est le coup de grâce."
À la pompe, la volatilité affole les compteurs. Au début du conflit, les prix variaient de 5 % par jour. Aujourd'hui, le gazole professionnel affiche une hausse de 31,1 %, mettant directement en péril la trésorerie immédiate des transporteurs qui doivent faire le plein quotidiennement pour assurer les livraisons.
Des mesures gouvernementales jugées "largement insuffisantes"
Si le Gouvernement a consenti à un report des cotisations sociales et à un étalement des échéances fiscales, la profession juge ces réponses déconnectées de l'urgence.
De son côté, l'OTRE PACA (Organisation des Transporteurs Routiers Européens) ne cache pas sa colère dans un communiqué cinglant : "Les mesures présentées ne sont manifestement pas à la hauteur des enjeux. Le report de charges est un premier pas, mais il demeure très largement insuffisant au regard de la crise actuelle."
Jean-Luc Delabre confirme ce besoin de liquidités immédiates : "La priorité, c’est la trésorerie. Ce que l’on veut, c’est que ces mesures soient appliquées de façon concrète et immédiate, sans frottement administratif."
Vers une mobilisation dans les 48 heures ?
Face à ce que l'OTRE appelle une "impasse", les transporteurs réclament deux mesures d'urgence :
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Une aide forfaitaire par véhicule, sur le modèle de celle de 2022.
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Une remise ciblée à la pompe, seule capable de compenser les pertes sèches.
Le secteur regrette également le refus systématique d'une baisse de la fiscalité (TICPE). "Nous avons une fiscalité beaucoup trop importante sur notre secteur, au-delà même de la conjoncture", martèle Jean-Luc Delabre.
Des assemblées régionales de transporteurs doivent se tenir dans les prochaines 48 heures pour décider des actions à mener.
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