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« Par rapport à eux, nos problèmes sont rien » : des collégiens face aux témoignages des enfants cachés, rescapés de la Shoah

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Par Norhène Ouerfelli03/06/2026 à 06:20

Ce mardi 2 juin, une page d’histoire s’est écrite dans l’auditorium du Site-mémorial du Camp des Milles. 29 anciens « enfants cachés » ont brisé le silence pour raconter leur survie à des collégiens d’Oraison. Un moment suspendu, entre le récit de l'effroi et l'urgence de la transmission.

Ils étaient 29. Des hommes et des femmes, aujourd’hui octogénaires, qui portent en eux une part de l’histoire la plus sombre du XXe siècle. Invités par le Fonds Social Juif Unifié (FSJU) et la Fondation du Camp des Milles, ces survivants sont venus à la rencontre de la jeune génération pour que les voix des témoins directs ne s'éteignent pas.

 

« Des témoignages rares et précieux »

Pour les élèves du collège Jean-Marc-Gaspard Itard d’Oraison, la visite du site a pris une dimension humaine poignante. Alain Chouraqui, président-fondateur de la Fondation du Camp des Milles, souligne la singularité de ces récits : « Il nous semble que les jeunes qui entendent des anciens enfants qui racontent leur enfance, tout simplement, ils sont souvent beaucoup plus sensibles. Ils se projettent beaucoup plus sur un enfant ou un jeune de 10, 12, 13 ans. »

Il insiste sur l’importance de cette mémoire vivante, face à une transmission qui devient un défi à mesure que le temps passe. « Il faut que les jeunes sachent que ces hommes et ces femmes ont eu le courage de résister face à l’inacceptable persécution antisémite », ajoute-t-il.

 

Reine Peres : le récit d’une enfance sous la peur

Parmi les témoins, Reine Peres, née à Marseille en 1939, a partagé le poids des souvenirs qui l'ont construite. Pour elle, raconter cette période n’est pas seulement un devoir, c’est une nécessité face à l’oubli. « J’ai eu une sensation de peur. On ne savait pas ce qui se passait. Les sirènes, c'était le bombardement, vite partir, vite aller dans des endroits protégés. »

Pour cette enfant juive cachée à Marseille, la guerre était une ombre omniprésente. Elle se souvient de l’effroi collectif, mais aussi de cette enfance volée : « On partait tous dans d’autres lieux, c’était souvent un endroit qui était occupé par des religieuses. On était pris dans une espèce de cocon, mais la peur était là, latente. »

 

Un lien intergénérationnel indispensable

Pour les collégiens, cette rencontre a été un choc, mais un choc constructif. Galane, 15 ans, ne cache pas son émotion face à la réalité concrète de ces récits .« Ça me touche parce que je me dis que, par rapport à ce qu’on vit nous maintenant, c’est rien, et qu'on se crée des petits problèmes par rapport à eux qui ont eu des problèmes énormes. »

 

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