Bouches-du-Rhône
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Éducation
Suppressions de postes dans l’éducation : une rentrée 2026 explosive dans les Bouches-du-Rhône2min
Par Maritima 03/02/2026 à 10:15
Le couperet est tombé : 3 256 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée prochaine en France. Dans les Bouches-du-Rhône, la grogne monte face à ce que les syndicats qualifient de « choix politique » au détriment des élèves. Charlotte Bourgougnon, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 13, tire la sonnette d’alarme au micro de Maritima.
C’est une rentrée sous haute tension qui se profile pour les écoles primaires et maternelles du département. Si le gouvernement justifie ces coupes par la baisse démographique, les représentants des enseignants, eux, dénoncent une dégradation sans précédent des conditions d’apprentissage.
20 postes supprimés dans les Bouches-du-Rhône
Au niveau de l’académie d’Aix-Marseille, 36 postes du premier degré vont disparaître, dont 20 uniquement pour le département des Bouches-du-Rhône. Un non-sens pour Charlotte Bourgougnon : « On aurait pu avoir là une opportunité d’améliorer les conditions d’enseignement. Enseigner avec 28 élèves, ce n'est pas la même chose qu'avec 20. On n'a même plus la place de les asseoir en classe ! »
Pour le syndicat, la baisse du nombre d'élèves aurait dû servir à alléger les classes, déjà parmi les plus chargées de l'OCDE, plutôt qu'à supprimer des moyens.
Un manque criant de remplaçants
La situation sur le terrain est déjà critique. Selon la FSU-SNUipp 13, il manque actuellement 100 remplaçants dans le département. « Aujourd'hui, on a des dizaines de classes dans les Bouches-du-Rhône qui sont sans enseignant », déplore la responsable syndicale.
Cette pénurie de personnel impacte directement la vie des enseignants en poste. Charlotte Bourgougnon révèle que les refus de demandes de temps partiel (pour raisons familiales ou de santé) ont triplé cette année : « On ne peut plus laisser les enseignants souffler car il n'y a personne pour les remplacer. C'est le signe d'un système qui craque. »
Précarité des AESH : « J’ai honte »
L’autre point noir du dossier concerne les AESH (Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap). Malgré leur rôle crucial pour l'école inclusive, leur statut reste précaire. « Une collègue AESH gagne moins de 900 euros par mois pour 24 heures devant élèves. J’ai honte car tant qu'on ne les considère pas comme des personnels à part entière, l'école inclusive reste un discours, pas une réalité », martèle-t-elle au micro de Didier Gesualdi.
Un calendrier politique pointé du doigt
Curiosité du calendrier : la publication de la « carte scolaire » (qui définit précisément les ouvertures et fermetures de classes) a été repoussée après les élections municipales de mars 2026. Pour la FSU, ce décalage vise à éviter les pressions politiques locales durant la campagne.
Face à ce constat, les syndicats n'entendent pas rester les bras croisés. Une forte mobilisation est déjà annoncée pour le mois de mars. « On va aller à la rencontre des collègues et des parents d'élèves. L'argent existe, quand on voit les budgets colossaux pour l'armée, on voit que ce sont des choix politiques », conclut Charlotte Bourgougnon.
Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi
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