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Éducation : la FSU de la voie professionnelle mobilisée aux côtés des lycéens face aux coupes budgétaires

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Par Manuel Danloy05/10/2026 à 15:01

Alors que le mouvement de contestation lycéenne s'intensifie dans les Bouches-du-Rhône, les enseignants se mobilisent lors d'une journée d'action intersyndicale. Entre refus des suppressions de postes actées au budget et volonté de protéger les élèves, Nicolas Voisin, secrétaire académique du SNUEP-FSU, s'exprime sur les enjeux de cette protestation.

Face aux perturbations recensées dans plusieurs établissements du département, la communauté éducative s'organise. Pour Nicolas Voisin, représentant du SNUEP-FSU (syndicat FSU de la voie professionnelle et des lycées professionnels), l'engagement des enseignants s'inscrit dans la continuité des actions déjà menées :  « On est sur la foulée du mouvement qui a eu lieu la semaine dernière sur les questions salariales, mais là la question des moyens, puisque depuis jeudi le projet de budget a été présenté par le Premier ministre, et là on est très clairement dans un problème de moyens accordés à l'Éducation Nationale. » 

 

1 500 suppressions de postes : « Il faut que ça s'arrête »

Au cœur de la colère syndicale se trouve la répartition des ressources humaines devant les élèves. Le projet budgétaire prévoit en effet de nouvelles coupes dans les effectifs enseignants :  « On est en termes de postes avec encore 1 500 suppressions de postes cette année de professeurs titulaires devant les élèves, et la coupe est pleine, ou plutôt elle est vide, et il faut que ça s'arrête. »

Cette journée de mobilisation répond également à un impératif de solidarité avec la jeunesse engagée dans la rue :  « On est bien sûr aussi dans un moment particulier de soutien, puisque cette manifestation n'était pas au départ prévue dans le calendrier des enseignants, mais le mouvement lycéen et étudiant nécessite une mobilisation des enseignants, parce que d'abord les revendications sont très proches, et puis il s'agit d'être aux côtés de nos élèves pour faire en sorte que les choses se passent bien, pour protéger nos élèves d'eux-mêmes, des répressions, de toutes les formes de violence dont ils sont l'objet depuis plusieurs jours. »

 

Condamnation des violences et dénonciation de la répression

Interrogé sur les débordements survenus en marge des rassemblements, notamment à proximité du lycée professionnel Colbert à Marseille, le responsable syndical condamne fermement les actes violents tout en appelant à ne pas stigmatiser l'ensemble de la jeunesse :  « Moi je suis enseignant au lycée professionnel Colbert à Marseille et j'étais à quelques dizaines de mètres au moment où s'est passée cette abominable agression à coups de torche, d'un spray utilisé comme un lance-flammes par un de nos élèves, un gamin de 15 ans. Il y a de la violence qu'on ne nie pas et qu'on dénonce, à la fois contre des personnes qui passaient tranquillement dans la rue [...] mais aussi par rapport à des enseignants qui sont bousculés. »

Nicolas Voisin pointe toutefois une autre forme de tension sur le terrain :  « Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'au niveau national, il y a aussi une violence, une répression policière qui est absolument intolérable. On ne frappe pas sur les enfants qui revendiquent, et la plupart de nos jeunes qui sont dans les mouvements ont des revendications, souhaitent les exprimer, et on les empêche de le faire. »

 

Un appel au dialogue pour éviter un « dénouement tragique »

Alors que la contestation pourrait s'inscrire dans la durée jusqu'aux prochaines vacances scolaires, le SNUEP-FSU rappelle que l'initiative du calendrier appartient aux lycéens eux-mêmes :  « Le rythme, ce n'est pas nous qui le donnons, ce sont les lycéens, les étudiants, ils sont organisés. Nous prendrons pour notre part nos responsabilités. »

Évoquant la suite du mouvement social, le secrétaire académique formule le souhait d'une prise en compte rapide des demandes exprimées par la jeunesse et le corps enseignant :  « Un acte 3, en général, c'est ce qui clôt soit une comédie, soit ce qui est le climax, c'est-à-dire le moment intense d'une tragédie en cinq actes. J'espère que ce sera le moment où on prendra enfin en compte les revendications et où on installera une vraie concertation, une vraie écoute et une vraie réponse aux revendications légitimes, pour éviter d'arriver à un dénouement tragique à cette histoire. »

 

Des rassemblements et défilés sont organisés dans plusieurs communes de l'académie, notamment à Marseille, Aix-en-Provence et autour de l'étang de Berre.

 

Lire aussi : La CGT Éduc'action appelle à la grève ce mardi 6 octobre aux côtés des lycéennes et des lycéens

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