"Tirs de mortiers, incendies, violences aux abords des lycées : rien ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers. Dans ce contexte, des élus de La France insoumise appellent à étendre le mouvement. Cette surenchère est irresponsable", a écrit le Premier ministre.
Le député LFI Louis Boyard avait notamment affirmé vendredi sur X que "le mouvement lycéen doit s'étendre" estimant que "ces élèves manquent de tout".
Des actions se sont étendues vendredi dans la banlieue de Paris et selon le ministre de l'Education Edouard Geffray qui s'exprimait lundi sur RMC, "une dizaine" de lycées étaient bloqués.
"Le devoir d’un élu de la République est de protéger les jeunes et d’appeler au calme. Instrumentaliser leur colère à des fins partisanes est une faute", a ajouté M. Lecornu, en soulignant que pour autant "les difficultés des lycées doivent être entendues et traitées".
La députée LFI Clémence Guetté lui a répondu sur X l'en accusant d'avoir rendu "la vie impossible" aux lycéens.
"Monsieur Lecornu , qui sont les irresponsables ? Les lycéens alertent depuis des années : fermetures de classes, manque de moyens et de personnels (...) Vous leur avez rendu la vie impossible. Ils vous le disent maintenant. Écoutez-les et répondez-leur par des moyens dans votre budget", a-t-elle affirmé.
Quelques heures plus tôt, les ministres de l'Intérieur et de l'Education nationale ont prévenu qu'en cas de violences et de blocage total de lycées, les forces de l'ordre interviendraient, alors que depuis une semaine des lycées d'Île-de-France connaissent des incidents.
"Si l'expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées", ont écrit dans un télégramme consulté par l'AFP Laurent Nuñez et Edouard Geffray. "La violence doit être condamnée sans ambiguïté et ses auteurs répondre de leurs actes", a renchéri M. Lecornu.
En cas de blocage total, "l'intervention" des forces de l'ordre "devra être engagée après concertation avec le chef d'établissement", selon les ministres.
Dans un message sur X vendredi, Edouard Geffray s'en était pris à "des députés LFI (qui) encouragent depuis mercredi des jeunes à bloquer les lycées" et dont "l'appel à étendre les blocages assume une instrumentalisation politique de la jeunesse".
"Vous avez des lycéens qui ont des revendications et qui parfois sont tout à fait légitimes", a-t-il expliqué quand, par exemple des professeurs ne sont pas remplacés. Mais, a-t-il ajouté, "derrière ça, vous avez aussi d'autres personnes qui sont violentes, arrivent masquées et cagoulées (...) avec des palettes et des matelas".
Une lycéenne âgée de 17 ans, en terminale générale au lycée Louis Jouvet à Taverny (Val d'Oise), a témoigné auprès de l'AFP du blocage de son établissement avec des poubelles. Ainsi que d'une intervention de la police qui, selon elle, a "poussé" et "bousculé" les jeunes qui protestaient.
"Notre mouvement n’est aucunement causé par un parti ou un autre, tout ce qui nous importe c’est de vivre dans de bonnes conditions", a-t-elle insisté.
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