France
-
Éducation,
Social,
National
Des centaines de lycées toujours perturbés, avant un "acte III" mardi2min
Par Maritima 05/10/2026 à 12:32
Des centaines de lycées sont à nouveau fermés, au moins partiellement, lundi matin, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation des élèves, que plusieurs syndicats appellent à soutenir, avec la multiplication sur les réseaux sociaux d'appels à un blocage dur.
Lundi matin, la situation semblait plus calme que la fin de semaine dernière avec des barrages filtrants, des manifestations devant les établissements et quelques points de violence.
Sur les 3.700 lycées du pays, 413 établissements sont perturbés depuis lundi matin, a indiqué le ministère de l'Education. Ils étaient 564 vendredi à la même heure.
Les lycéens, dont des représentants ont appelé à poursuivre le mouvement après une réunion n'ayant rien donné au ministère vendredi, réclament plus de moyens et dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.
Dans le Rhône, la préfecture rapporte lundi des "escarmouches" devant deux lycées et un collège dans Lyon et sa banlieue, et 12 établissements "impactés par des actes isolés". A Lille, la situation était de nouveau tendue dans le secteur des lycées Faidherbe et Gaston-Berger.
Le rectorat d'Aix-Marseille signale que 60 lycées sur 171 donnent des cours en distanciel ce lundi tandis qu'à Rennes, les cours ont repris dans le calme dans plusieurs établissements qui avaient été fermés en fin de semaine, ont constaté des journalistes de l’AFP.
A Bordeaux, au lycée Montaigne, vingt à trente lycéens se sont rassemblés devant l’entrée de cet établissement du centre avec des pancartes "Manque de profs", mais les personnels faisaient la circulation et ceux qui voulaient aller en cours sont rentrés. Quelques tensions en revanche au lycée Gustave-Eiffel, dans un quartier populaire près de la gare, avec plusieurs tirs de mortiers d’artifice en l’air avant une dispersion.
"Dérive globale"
Parti mi-septembre de région parisienne, le mouvement s'est étendu la semaine dernière, marquée par une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre.
L'exécutif recense 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements "incendiés ou saccagés" et "78 personnels de l'Education nationale blessés", "généralement par des personnes extérieures" aux lycées concernés, selon le ministre de l'Education Edouard Geffray.
L'Union syndicale lycéenne a promis un "acte III" mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des "violences urbaines". Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste "craint" pour sa part un embrasement national alors que 30 à 40 sites universitaires ont été perturbés la semaine dernière.
Plusieurs syndicats et des associations ont accusé lundi le gouvernement de "réprimer" les lycéens avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes". Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours.
La Ligue des Droits de l'Homme dénonce "une dérive globale par rapport à l'État de droit".
"Les forces de l'ordre ont fait preuve vraiment d'une très grande proportionnalité jusqu'à maintenant sur un mouvement à la fois dur et avec en face des mineurs", a au contraire estimé sur Sud Radio Philippe Baptiste, accusant LFI de "souffler sur les braises".
Une vaste intersyndicale de l'Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations de mardi. La CGT, qui appelle les salariés de l'énergie, en grève, à rejoindre les lycéens, sera ainsi dans la rue. "Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens", a affirmé sa responsable Sophie Binet sur TF1.
"Cinq chantiers"
Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, la France insoumise, pointée du doigt par le gouvernement, a dit dimanche "déplorer" les violences, mais regretté que l'exécutif "résume" le mouvement à ces débordements.
Lundi, la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon a annoncé que le projet de loi "casseurs-payeurs" serait examiné en première lecture au Sénat le 27 octobre.
Ce texte crée "une forme de responsabilité collective", selon elle, en donnant la possibilité de faire payer, y compris par le recouvrement des aides sociales, des dégâts à toute personne appartenant à un groupement ayant commis des dégradations, même si elle n'en est pas l'auteur.
Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une "semaine noire". "Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus", a assuré dimanche à Saint-Denis une étudiante mobilisée, Leila Nehari.
Dans une feuille de route adressée dimanche soir à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent "partout" où c'est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications.
Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec "de premières décisions attendues avant la fin du mois".
© Agence France-Presse
A lire aussi
Bouches-du-Rhône
-
Éducation
Mobilisation lycéenne dans les Bouches-du-Rhône : 8 interpellations et 13 établissements touchés à mi-journée
Bouches-du-Rhône
-
Éducation
La CGT Éduc'action appelle à la grève ce mardi 6 octobre aux côtés des lycéennes et des lycéens
Bouches-du-Rhône
-
Éducation
Blocage de lycées : 60 établissements en distanciel dans l'académie d'Aix-Marseille, le recteur Benoit Delaunay fait le point
France
-
Éducation
Blocage des lycées: le projet de loi "casseurs-payeurs" examiné au Sénat le 27 octobre

