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À Marseille, le CFA de la Bourse du Travail dispense une formation tant professionnelle que citoyenne

3min

Par Maritima 25/03/2026 à 09:10

Rue des Convalescents, à deux pas de la gare Saint-Charles, le CFA de la Bourse du Travail (CFBT) est bien plus qu’un centre de formation. C’est un lieu chargé d’histoire où l’on prône l’émancipation par le travail, du CAP au BTS. Notre reporter Michel Montagne s'est immergé dans ce navire amiral de l'apprentissage marseillais pour son "Fil Rouge". Reportage.

L’ambiance y est surprenante. On se croirait presque dans un village à la campagne alors qu'on est en plein cœur de la cité phocéenne. "On entend même les oiseaux alors qu'on est à deux pas du boulevard d'Athènes ou les cris d'enfants de l'école voisine à l'heure de la récré", s’étonne Michel Montagne au micro de Maritima. Dans la cour du bâtiment rétro qui abrite ce CFA vieux de 138 ans  (ce qui en fait certainement le plus ancien de la ville, voire de la région), le sourire est de mise.
Ici, on ne forme pas seulement des techniciens, mais aussi des citoyens, à l'image notamment de ceux qui ont quitté des pays en guerre et auxquels on dispense des cours de français et d'anglais.

138 ans d’histoire et de solidarité ouvrière

Le CFBT n’est donc pas né d’hier. "La création date de 1887 au niveau de la Bourse du Travail. En 1892, les premiers cours pour les ouvriers ont démarré le dimanche", rappelle Valérie Bronchart, responsable du pôle administratif. Aujourd’hui, le centre accueille plus de 500 apprentis par an sur ses différents sites (quatre au total : celui-ci rue des Convalescents qui abrite également le siège ; toujours à Marseille, une antenne rue Duverger ainsi que deux autres à La Ciotat et Aubagne, cette dernière reconnue pour son école de céramique et graphisme.).

Avec une trentaine de diplômes répartis dans dix filières, le catalogue est vaste : bâtiment, électricité, climatisation/frigorifique mais aussi des secteurs de pointe comme l'optique-lunetterie ou la prothèse dentaire sans oublier des professions dédiées à l'administratif. "L’IA ne remplacera pas tout d'ici 5 ou 6 ans, on aura toujours besoin de comptables ou de gestionnaires administratifs", souligne Valérie Bronchart.

 

 

"On forme des gens heureux dans leur travail"

Ce qui frappe au CFBT, c’est la mixité. On y croise des jeunes de 15 ans sortis de troisième et des adultes de 40 ou 50 ans en pleine mutation professionnelle. Anna, ancienne élève devenue formatrice d'anglais, témoigne de cette énergie : "L'ambiance est vraiment cool, c'est détendu. Il y a une mixité de parcours incroyable, des gens qui viennent de l'étranger ou qui sont en reconversion totale."

C’est le cas dans la filière céramique, tête de gondole et fierté de l'établissement. Ouassila Pons, de l'équipe de sourcing, évoque ces profils atypiques : "On a beaucoup d'adultes, des anciens cadres qui 'craquent' et reviennent vers l'artisanat. On propose des CAP tournage ou décoration en céramique. C'est un métier d'art qui fait rêver."

Olivier Jouanneau, formateur, précise la nuance entre la céramique et les métiers du bâtiment comme le carrelage-mosaïque : "La céramique est une production artistique, alors que le carrelage reste un métier du bâtiment, plus technique et parfois plus pénible, mais on y forme des gens heureux.".
Le bonheur au travail, c'est également la priorité pour son collègue Frédéric Tchektchekian qui n'hésite pas à distiller de la philosophie, mais de façon ludique, dans ces parcours de formation professionnelle.

 

 

Aller chercher les candidats "là où ils sont"

Pour répondre aux besoins des "métiers en tension", le CFBT (et son versant adulte avec l'ADEF) ne se contente pas d'attendre les inscriptions.
Farida Hamadi, chargée du sourcing candidat, parcourt le terrain : "On va à la pêche aux candidats, auprès des familles et des entreprises. Le but est de sortir certains jeunes de l'errance sociale pour leur proposer des métiers sympas où la main-d'œuvre est recherchée."

Qu'il s'agisse de devenir maçon, toiletteur canin (formation à La Ciotat) ou prothésiste dentaire, l'accompagnement est total. "On les tient par la main au début, puis on lâche progressivement quand ils sont prêts à affronter le monde du travail", conclut Valérie Bronchart.

Dans une époque où le sens au travail est devenu primordial, le CFA de la Bourse du Travail prouve que l'apprentissage reste, plus que jamais, un moteur de bonheur professionnel.

 

Pour tous renseignements : 
le site du Centre de formation de la Bourse du Travail  (à destination des jeunes en apprentissage)

Le site de l'ADEF, association départementale d'études et de formation  (pour les adultes en reconversion)

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