Marseille
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Éducation,
Social
"On improvise au quotidien pour survivre" : profs et lycéens manifestent devant la DSDEN à Marseille3min
Par Norhène Ouerfelli30/04/2026 à 17:35
Ce mercredi, enseignants et lycéens se sont rassemblés sur le parvis de la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN). Entre baisse de dotations horaires et manque de remplaçants, ils dénoncent une gestion budgétaire au détriment de la réussite des élèves.
Le rassemblement était marqué par une volonté claire : dénoncer une « énième fois » le manque de moyens dans l'école publique. Enseignants et lycéens se sont rejoints pour former un front uni face à ce qu'ils considèrent comme une dégradation systémique de leurs conditions de travail et d'apprentissage.
"On survit, on se débrouille" : le quotidien d’un enseignant à Aubagne
Pour Jadran Svrdlin, enseignant à Aubagne et militant CGT Éduc’action 13, la situation est devenue insupportable. "Le manque de remplaçants, qu'il qualifie de criant et systémique", cela force les équipes à une adaptation permanente qui use les personnels. "On survit, on se débrouille, on pallie de façon quotidienne au manque. Dans l'école où je travaille, il y a un manque criant de remplaçants depuis des mois et des mois. On est sur le terrain, on gère, on s'adapte, on invente". Cette précarité organisationnelle a un impact direct sur la santé mentale des professeurs. Jadran Svrdlin souligne que les risques psychosociaux ne sont plus des concepts théoriques, mais une réalité physique : " Forcément, on désorganise tout pour réorganiser, pour inventer au quotidien. Il faut improviser... Le moral est au plus bas".
Des moyens dictés par le budget plutôt que par les besoins
La revendication principale est simple mais fondamentale : une inversion des priorités budgétaires. Selon le militant syndical, l'administration adapte actuellement les moyens au budget voté, alors qu'il faudrait faire l'inverse. "On demande des moyens à la hauteur des besoins, tout simplement. On devrait adapter les moyens aux besoins qui sont sur le terrain".
Lycée Montgrand : 100 heures en moins et des classes surchargées
La contestation ne vient pas seulement du corps enseignant. Eustache, 17 ans, élève au lycée Montgrand à Marseille, est venu témoigner de l'impact concret de ces coupes budgétaires sur sa scolarité. Son établissement s'apprête à perdre 100 heures, soit 10% de sa dotation horaire globale. Les conséquences sont multiples et directes : "suppression de l'accompagnement personnalisé pour l'orientation, fermeture de groupes de spécialité donc on va se retrouver avec des classes surchargées et menace sur les options comme le provençal ou les matières artistiques", dénonce l'étudiant.
Un risque de "ségrégation scolaire"
Au-delà des chiffres, Eustache pointe un risque social majeur : la création de pôles spécialisés qui excluent certains élèves. Selon lui, vouloir concentrer les matières littéraires et artistiques dans les lycées de centre-ville au détriment des établissements excentrés crée une véritable barrière. "Ça crée une ségrégation scolaire. On se retrouve avec des lycéens qui n'ont pas les spécialités qui les intéressent dans leur secteur, et qui n'ont pas forcément les moyens, le temps ou l'argent pour aller dans le centre".
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