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Éducation
Marseille : l'Arcom sensibilise les écoliers à l'usage des écrans3min
Par Rémy Reponty08/06/2026 à 14:37
Le président de l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (anciennement le CSA), en visite dans une école élémentaire du centre ville de Marseille pour conclure une semaine dédiée à la sensibilisation sur l'usage des écrans organisée. Un partenariat organisé entre la Ville de Marseille et l'Arcom dans 8 écoles élémentaires de la cité phocéenne. Objectif : faire connaître la signalétique jeunesse et apprendre aux élèves comment agir face à un contenu choquant.
L’exposition des plus jeunes aux écrans est devenue l’un des défis majeurs de notre époque, bousculant le quotidien de nombreuses familles, ici dans les Bouches-du-Rhône comme partout en France. Face à la prolifération des smartphones, des tablettes et à la puissance des algorithmes, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) se mobilise. Pour son président, Martin Ajdari, la situation impose une prise de conscience collective immédiate : « La protection des mineurs constitue désormais une réalité concrète et une priorité stratégique pour notre institution ». Entre chiffres alarmants, responsabilités partagées et outils pratiques, plongée au cœur d'un enjeu de santé publique qui nous concerne tous.
L'interview de Martin Adjari, président de l'Arcom, dans cette video.
(Interview, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)
Une étude choc : quand le numérique devance l’âge de la raison
Une récente étude exclusive produite par l’Arcom met en lumière des données particulièrement inquiétantes concernant les habitudes en ligne des adolescents. Alors que la législation française tente d'encadrer l'accès au web, la réalité du terrain montre un basculement précoce vers des contenus totalement inadaptés.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : aujourd'hui, 12 % de l’audience globale des sites pornographiques est réalisée par des mineurs. Chaque mois, ce sont 2,3 millions de mineurs qui fréquentent ces plateformes pour adultes, marquant une croissance rapide et continue au cours des dernières années. L’entrée dans cette consommation se fait dès le début du collège. Dès l’âge de 12 ans, plus de la moitié des garçons se rend en moyenne chaque mois sur ces sites. Ce taux explose à l'approche de la majorité, puisque près des deux tiers des adolescents âgés de 16 à 17 ans y accèdent régulièrement.
Martin Ajdari tire la sonnette d'alarme quant aux dangers systémiques de cette exposition : « Notre récente étude met en évidence la fréquence et la précocité avec laquelle nos enfants et adolescents sont exposés aux nombreux risques liés aux usages en ligne tels que l’hyperconnexion ou le harcèlement ». Les conséquences de ces pratiques ne sont pas virtuelles : elles impactent lourdement et durablement le développement psychologique des enfants, tout en perturbant profondément leur rapport au corps, à l'image de soi et à la sexualité.
La responsabilité partagée : le triptyque de l'Arcom pour faire front
Pour l'Arcom, la régulation ne peut pas reposer sur un seul acteur. Le principe fondamental du paysage audiovisuel français s'appuie sur la liberté de communication, ce qui autorise la représentation de thèmes complexes ou sensibles. C’est pourquoi, pour faire écran aux dérives, le régulateur a bâti une stratégie de responsabilité partagée s'articulant autour de trois piliers indispensables : d'abord les éditeurs et les plateformes. Ils ont l’obligation stricte de classifier rigoureusement leurs contenus, de respecter leurs engagements légaux et de mettre en place des barrières efficaces. C'est notamment le cas pour l'interdiction d’accès des mineurs aux espaces pornographiques, conformément à la loi du 30 juillet 2020. Ensuite l’Arcom : le gendarme de l’audiovisuel assure un contrôle indépendant et minutieux des classifications retenues. L'institution mène des campagnes de sensibilisation actives pour alerter sur l'impact des images violentes ou choquantes sur le jeune public. Et enfin, l’entourage familial et éducatif en prenant en compte que les parents restent le premier rempart. C’est à eux qu'incombe la mission de faire respecter les tranches d'âge et d’accompagner l’usage quotidien des outils numériques.
Sur le terrain de la télévision, les repères historiques restent essentiels. La signalétique jeunesse (pictogrammes Tout public, -10 ans, -12 ans, -16 ans et -18 ans) permet de guider le choix des familles. Prendre le temps de choisir un programme avec son enfant, d'adapter la diffusion à son âge et de dialoguer avec lui pour expliquer l'interdiction de certaines images reste la méthode la plus humaine et efficace pour désamorcer les traumatismes.
Accompagner la parentalité numérique : des outils concrets pour nos familles
Face à la complexité des outils de contrôle parental, les familles se sentent parfois démunies. Pour éviter que le fossé technologique ne se creuse, des ressources officielles et gratuites ont été déployées pour soutenir la parentalité numérique.
La plateforme d’information gouvernementale Je protège mon enfant a été spécifiquement conçue pour offrir un accompagnement pas-à-pas aux parents. Ce site internet propose des repères fiables, des fiches pratiques pour configurer le filtrage sur les différents appareils de la maison (smartphones, consoles de jeux, ordinateurs) ainsi que des conseils d'experts pour instaurer des règles d'usage raisonné des écrans en famille.
L’avenir de cette protection se joue également à l'échelle supérieure. Comme le rappelle le président de l'Arcom, le combat doit s'intensifier de concert avec les instances européennes : « Cette protection demeure incomplète : de nombreuses questions, comme le débat sur la majorité numérique ou l’élaboration d’une solution technique de vérification de l’âge, se décideront au niveau européen ». En attendant ces verrous technologiques globaux, la vigilance, l'écoute et le dialogue au sein du foyer restent les meilleures armes pour protéger nos minots des dérives du monde virtuel.
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