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"Mon futur métier ? Piloter de gros bateaux" : rentrée passionnée à l’ENSM Marseille

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Par Norhène Ouerfelli02/09/2026 à 07:30

C’est une rentrée solennelle sous le signe du grand large. Le site marseillais de l’École Nationale Supérieure Maritime (ENSM) vient d’accueillir sa nouvelle promotion d’élèves-officiers. Entre vocation d'enfance et perspectives de carrière d'ingénieur, ces futurs marins se préparent à prendre les commandes des géants des mers.

À Marseille, l’effervescence est palpable sur le campus de l’ENSM. Ils sont près de 180 élèves en première année à avoir franchi les portes de cette institution prestigieuse qui forme l’élite de la marine marchande française. Un cursus exigeant qui débouche, après cinq ans d’études, sur un titre d'ingénieur et les brevets d'officier de la marine marchande.

 

Qu’est-ce que l’ENSM ? Une double expertise unique

L’École Nationale Supérieure Maritime ne se contente pas de former des techniciens de la mer. Comme l'explique Cyril Delher, son directeur, l'établissement est à la croisée des chemins : « C’est à la fois une école professionnelle qui délivre des diplômes permettant d’obtenir des brevets d’officier de la marine marchande, mais aussi en parallèle une école d’ingénieurs. »

Le cursus marseillais se concentre sur les trois premières années du parcours d'ingénieur pour les officiers polyvalents (pont et machine). La suite du parcours se répartit sur les quatre sites français :

  • Marseille : formation initiale des trois premières années.

  • Le Havre : siège social et fin de cursus ingénieur (4ème et 5ème années).

  • Nantes : spécialisation pour ceux qui choisissent de ne plus naviguer en fin de cursus.

  • Saint-Malo : formation spécifique des officiers mécaniciens.

 

« Piloter de gros bateaux » : la vocation au cœur du projet

Pour ces jeunes étudiants, la marine marchande est souvent l’aboutissement d’un rêve. Pour expliquer leur futur métier à leurs proches, les mots sont simples et percutants. « Le terme d’officier, en général, ça ne parle pas forcément aux gens. Mais quand je dis que je veux piloter de gros bateaux, ça passe mieux ! », confie Paul, 18 ans, passionné de voile depuis ses 7 ans.

Cette envie de commander des navires sans limitation de tonnage anime toute la promotion. Corentin, qui se destinait initialement à une classe prépa classique, a finalement choisi la mer : « Ce dont je rêve, c’est de devenir commandant. C’est le voyage qui m’a fait venir ici. »

Même écho chez Amandine, venue de la région parisienne pour intégrer l’école : « Ça représente le début de mon parcours professionnel et d’une vocation. » Pour elle, comme pour beaucoup, l’appel du large est né d’années de pratique du catamaran et d’un amour inconditionnel pour le milieu maritime.

 

Un secteur qui recrute et qui se féminise

L’un des atouts majeurs de l’ENSM reste son taux d’employabilité exceptionnel. « L’industrie recrute. On a 100 % de placement en sortie de diplôme », souligne la direction. Malgré cette réussite, le métier souffre encore d’un manque de notoriété auprès du grand public.

Pourtant, les lignes bougent, notamment du côté de la mixité. Cette année, la promotion compte plus de 20 % de femmes, un chiffre en constante progression. « Ce n’est pas un métier destiné aux hommes, c’est un métier qui se féminise », précise le directeur du site. Blanche, 18 ans, dont la famille est déjà passée par l’école, confirme cette dynamique et attend avec impatience ses premiers stages pour affiner son projet professionnel.

Que ce soit par tradition familiale ou par pur esprit d'aventure, ces nouveaux visages de la marine marchande partagent tous la même ambition : assurer la conduite et la maintenance des navires qui sillonnent le globe. La rentrée à l'ENSM Marseille n'est que la première étape d'un long voyage qui les mènera, demain, sur toutes les mers du monde.

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