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Crise dans l'éducation : les annonces du gouvernement, « ce sont des miettes » pour un lycéen marseillais

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Par Cassandre Amouroux27/10/2026 à 15:18

Alors que le gouvernement a dévoilé ses arbitrages pour tenter d'éteindre la fronde lycéenne - entre fin programmée de Parcoursup d'ici 2028 et limitation des classes de seconde à 28 élèves -, les organisations de jeunesse refusent de désarmer. Invité au micro de Maritima Radio, Eustache Bonnet, élève au lycée Montgrand à Marseille et militant à Révolution Permanente et au Poing Levé, rejette des mesures en trompe-l'œil et appelle à intensifier les blocages.

 

Fin de Parcoursup et places à l'université : « Le problème, c'est la sélection »

Parmi les mesures phares mises sur la table par l'exécutif figure une refonte du calendrier d'accès au supérieur : une transparence renforcée sur les refus dès la session 2027 avant un remplacement complet de la plateforme d'ici 2028. Une promesse qui ne trompe pas la jeunesse mobilisée : « Il n'y a absolument pas de satisfaction. On ne sait même pas ce qui va remplacer Parcoursup ! On demandait bien sûr son abrogation, mais ce qu'on exigeait surtout, c'était l'abolition de la sélection à l'entrée à l'université. Le gouvernement n'a pas compris pourquoi les lycéens sont vent debout : ce n'est pas Parcoursup en soi le problème, c'est la sélection. »

Même scepticisme quant à la création annoncée de 15 000 nouvelles places dans l'enseignement supérieur (notamment en BTS et en IUT). Pour Eustache Bonnet, le compte est très loin d'y être : « En tant que lycéens, nous demandions au moins 250 000 nouvelles places créées pour l'université. 15 000 places, c'est à peine 6 % de nos revendications ! Ce qu'il faut, c'est une ouverture massive et globale de places partout. »

 

28 élèves par classe en seconde : « Une annonce irréalisable sans profs ni locaux »

Autre mesure mise en avant par le ministère : le plafonnement des effectifs en classe de seconde à 28 élèves au maximum, contre une moyenne nationale tournant actuellement autour de 30 élèves. Si la baisse des effectifs répond à une attente pédagogique partagée, les conditions réelles de son application suscitent la colère : « Moins d'élèves par classe, nous sommes d'accord sur le principe, mais comment cela se construit-il ? Cela se construit avec plus de professeurs, avec plus de moyens financiers, avec plus de places bâties dans les lycées, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui. Lâcher ce chiffre de 28 élèves par classe sans les postes derrière, c'est irréalisable. »

Pour le jeune Marseillais, cette batterie d'annonces ne vise qu'à éteindre la contestation après un mois de bras de fer : « On a vraiment l'impression que c'est pour tenter de calmer le mouvement, pour que les lycéens rentrent chez eux en pensant avoir gagné quelque chose. En réalité, ce que l'on nous donne, ce sont des miettes ! »

 

« Le gouvernement a peur » : cap sur les assemblées générales et le 5 novembre

Loin de freiner la colère, les réponses gouvernementales renforcent la détermination des collectifs lycéens et étudiants marseillais. Rejoints par les syndicats universitaires (Fage, Union étudiante, Unef, USL), les militants entendent élargir la contestation : « On voit que le gouvernement est sur le qui-vive et qu'il a peur de la force du mouvement lycéen. La force que nous avons permet d'arracher des choses, mais ce n'est pas en s'arrêtant maintenant qu'on gagnera. Tant que le gouvernement ne nous accordera pas toutes nos revendications, qui sont chiffrées et finançables, nous ne nous arrêterons pas. »

Eustache Bonnet invite l'ensemble des établissements des Bouches-du-Rhône à maintenir la pression sur le terrain : « J'appelle les lycéens à continuer de bloquer leurs lycées, à s'organiser en assemblées générales, et à se mobiliser massivement le 5 novembre en rejoignant le monde du travail et les salariés en grève. »

 

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