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Éducation
Marseille : au Salon de l'étudiant, les jeunes en quête de sens face aux incertitudes4min
Par Michel Montagne08/11/2026 à 06:30
Alors que les mouvements lycéens et l'anxiété liée à l'avenir traversent la jeunesse, la 10e édition du Salon de l'Étudiant "Grandes Écoles" s'est tenue ce samedi 7 novembre au Palais de l'Europe du Parc Chanot à Marseille. Entre recherche d'orientation, désir d'évolution et dialogue intergénérationnel, lycéens, parents et enseignants témoignent d'une génération bien résolue à façonner son propre futur.
Au Palais de l'Europe du Parc Chanot, les allées du Salon de l'étudiant de Marseille n'ont pas désempli ce samedi. Réunissant trois salons thématiques (grandes écoles ; art, communication et numérique ; santé, social, paramédical et sport), l'événement souffle sa dixième bougie dans un climat singulier.
Une fréquentation massive et un besoin d'échanges directs
Pour l'organisation, ce rendez-vous annuel reste une étape essentielle pour accompagner les familles. Diane Izsak de Cazanove, responsable de l'événement , rappelle l'engouement suscité par cette triple proposition : « C'est ce triptyque à chaque fois qui revient depuis 10 ans car ce sont des thématiques qui intéressent les jeunes, mais également leurs parents, puisque ces derniers représentaient plus de 40 % de la fréquentation totale de l'édition 2025 [...]. L'année dernière, nous avons accueilli plus de 5 600 visiteurs sur l'ensemble des trois salons, avec 10 000 personnes qui s'étaient inscrites en ligne. »
Alors que l'actualité est marquée par les revendications et les inquiétudes de la jeunesse, la responsable souligne l'importance d'offrir un espace de sérénité et de dialogue : « Ce salon n'est absolument pas hors-sol, il est tout naturel et nécessaire comme chaque année [...]. On retrouve des élèves de seconde, de première, mais également de terminale. Ça leur permet de commencer à échanger et dialoguer avec des responsables de formation, des jeunes qui sont déjà en études, et de commencer à dessiner les contours de leur projet d'orientation [...]. Depuis ce matin, on ressent une ambiance plutôt sereine, on voit des échanges constructifs [...]. Se rassurer et se dire que oui, l'avenir est possible. »
Et Diane Izsak de Cazanove, par ailleurs directrice régionale de l'Étudiant.fr , de préciser que les équipes de journalistes de la rédaction du site sont sur le terrain pour couvrir les manifestations lycéennes et recueillir les paroles des jeunes participants, des interviews à retrouver sur les RS de l'Étudiant
Face aux mobilisations lycéennes : « Il faut que ça évolue »
Dans les allées, les familles arpentent les stands avec des objectifs ciblés. Manel, 17 ans, accompagnée par son père Sauveur, explique être venue chercher des réponses précises dans le secteur de la mode et de l'événementiel. Interrogé sur la mobilisation des lycéens et le climat social actuel, le père de famille se montre quant à lui plutôt confiant : « Moi j'e nai pas d'anxiété, au contraire je trouve ça très rassurant que les jeunes se mobilisent, parce que leurs revendications, je pense qu'elles sont très légitimes. Moi ce qui m'inquiète, c'est que ces revendications existent depuis très longtemps et qu'on ne leur ait pas apporté de réponses avant de manière très apaisée [...]. Dans le futur, l'élite ou les gens qui ont le pouvoir ou des responsabilités ne doivent plus se comporter comme ceux qu'on a connus depuis 50 ans, et je trouve ça très sain. »
Un avis partagé par Manel, qui assume pleinement la nécessité d'un changement générationnel : « Moi je suis d'accord parce que, comme ça me concerne et ça me touche, c'est bien que du coup on se révolte, parce que sinon il n'y aura pas de changement et s'il n'y a pas de changement, on ne va pas évoluer vers un avenir meilleur [...]. On se sent oppressés parce que le système est assez sélectif [...]. C'est bien de voir qu'on n'est pas tous endoctrinés par ce système et qu'on fait des choses pour montrer nos revendications. »

L'école de demain : privilégier les parcours aux métiers
Du côté du corps enseignant, le regard porté sur cette jeunesse en quête de repères est empreint d'empathie et d'ouverture. Clarisse Oberhauser, enseignante à l'ESDM (au lycée Diderot de Marseille), perçoit dans ces rencontres la nécessité de faire évoluer la relation pédagogique : « Il y a un fossé entre l'ancienne école et l'école à laquelle aujourd'hui les étudiants et les lycéens aspirent. Et c'est tout à fait légitime qu'ils aspirent à ça, avec beaucoup plus d'horizontalité dans les rapports entre l'enseignant et les élèves. La vieille école qui était de "j'instruis, écoutez, consommez, prenez et restituez" n'a plus de sens ni de valeur. »
Pour l'enseignante, la crise et les revendications actuelles révèlent une jeunesse consciente et mature, prête à dépasser le cadre rigide des schémas traditionnels : « Je trouve l'intitulé Parcoursup beaucoup plus justifié dans ce type de profil aujourd'hui : on va vers des parcours et non pas vers des métiers [...]. On leur permet de se diriger vers des parcours, d'en changer, de bifurquer, d'aller dans les contre-allées et d'évoluer ainsi pour aspirer davantage à leur personnalité, et non pas à un métier où on gagne bien sa vie selon les parents [...]. On n'est plus dans le salon des métiers, mais dans le salon de l'étudiant : pour étudier, apprendre et devenir une personnalité et une identité créative qui opérera dans le monde futur. »
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