Martigues
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Éducation
Interdiction du portable au lycée : "C'est plus simple de s'en détacher quand on y est contraint"2min
Par Maritima 25/07/2026 à 07:00
Les députés et sénateurs ont approuvé, mardi 21 juillet, la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Ce texte comprenait également l'interdiction du portable au lycée. Amélie Barbé, professeure de lettres dans un lycée de Martigues, se félicite de ce vote.
La "pause numérique" deviendra-t-elle la norme dans tous les établissements scolaires français ? Après les écoles et les collèges, les lycées sont désormais concernés par l'interdiction du portable. Les députés et sénateurs ont approuvé la mesure. Amélie Barbé, professeure de lettres dans un lycée de Martigues, approuve totalement la mesure.
Selon elle, les notifications incessantes créent un environnement hostile à l’apprentissage. "La concentration, l'attention... tout cela est perturbé par les notifications et toutes les stimulations proposées par les téléphones portables. Un adulte n'est pas aussi concentré quand il a des messages qui arrivent en rafale."
Pour contrer ce phénomène, l’enseignante martégale a déjà mis en place sa propre méthode : ses élèves déposent leurs téléphones sur son bureau en début de cours. Un geste parfois accueilli comme un véritable soulagement par les lycéens eux-mêmes. "Certains en arrivent même à l'oublier en partant. Certains me remercient parce qu'ils considèrent que c'est plus simple de s'en détacher quand l'adulte les y contraint, parce qu'ils n'y arrivent pas seuls."
Des élèves "victimes et impuissants" face aux algorithmes
Loin d'être de simples utilisateurs passifs, les jeunes sont souvent conscients de leur propre addiction. Au cours des échanges en classe, Amélie Barbé note une lucidité étonnante chez ses élèves sur le modèle économique des géants du numérique. "Ils sont très au courant de leurs travers. Ils sont très fragiles et savent aussi qu'ils sont parfois addictes. J'ai des élèves qui me disent qu'ils ne voient pas le temps passer, qu'ils font moins de sport, moins de choses quand ils sont devant ces algorithmes."
Bien que certains invoquent la "liberté d’expression", l’enseignante insiste sur le devoir des adultes de les soustraire à ce business de l’attention. "Bien souvent, ils sont victimes et un peu impuissants devant ces choses qui les happent et qui ne leur font pas toujours du bien."
La loi comme moteur de changement sociétal
Face aux critiques criant à la privation de liberté, Amélie Barbé rappelle que la loi est souvent le point de départ d'une évolution positive des mentalités, citant en exemple l'égalité homme-femme ou les mesures sanitaires.
Même si des "dérives" ou des contournements existeront toujours, l'essentiel réside dans le message collectif : la protection de la santé mentale des jeunes doit primer sur l'hyper-connexion. À quelques semaines de la rentrée de septembre, le message est lancé : pour mieux apprendre et mieux vivre, il est temps de déconnecter.
Interview de Manuel Danloy
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