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Rentrée scolaire : « Ne projetez pas vos propres peurs », les conseils de la psy Dorothée Bruni pour une reprise sans stress3min
Par Manuel Danloy29/08/2026 à 14:05
Nous sommes à quelques jours du retour en classe. Derrière les cartables neufs se cache parfois une anxiété parentale palpable. Invitée sur Maritima Radio, Dorothée Bruni, psychologue à Martigues et intervenante régulière dans l'émission « Les Coachs » sur Maritima, livre ses clés pour aborder cette transition en douceur, de la maternelle au CP.
C'est un rituel immuable. Chaque année, la rentrée scolaire charrie son lot de questions et de petites crises d’angoisse. Pour Dorothée Bruni, le constat est clair : « C’est souvent un plus grand moment pour les parents que pour les enfants », confie-t-elle au micro de Manuel Danloy. « C’est la première séparation pour ceux qui ont été gardés par une assistante maternelle ou qui ont bénéficié d'un congé parental. »
Maternelle : « Ne projetez pas vos propres peurs »
Pour une première entrée en petite section, la psychologue insiste sur l’influence du comportement des parents sur celui de l'enfant. « Si on a très peur que ça se passe mal parce qu’on a eu soi-même une expérience compliquée avec l’école, l’enfant va le ressentir. »
Pour désamorcer cette tension, Dorothée Bruni conseille d'impliquer l'enfant par le jeu : « On peut utiliser des Playmobil ou des figurines d’animaux pour mimer ce qu'il va découvrir : les copains, la maîtresse, la salle de classe. L’idée est de lui demander ce qu’il attend de ce moment. »
Le passage au CP : le défi de l'âge de raison
L’entrée en école élémentaire marque une rupture franche : on passe du monde du jeu à celui de l'intellect. À 7 ans, l'enfant acquiert des capacités de raisonnement et d'abstraction.
« On passe d'une période d'expérimentation à une période où l'on va avoir envie de performer, d'apprendre », explique la psychologue. Elle rappelle toutefois l'importance de respecter le rythme de chacun : « Pour certains enfants qui ont encore besoin de bouger, d'investir leur corps, il faut leur dire que ce n'est pas grave s'il leur faut un peu plus de temps pour accepter cette posture plus "passive" devant l'enseignant. Il ne doit pas être question de "travail" ou de "devoirs", mais de curiosité et d'excitation. »
Gérer les conflits du soir : le planning visuel
La rentrée, c'est aussi le retour des tensions domestiques : douche, rangement de la table, révision des leçons... La primaire devient souvent le théâtre d'un enjeu de pouvoir.
Pour éviter les rapports de force, Dorothée Bruni propose une solution concrète : « Élaborez avec votre enfant un planning visuel ou une liste de conduite. Il faut associer l'enfant pour qu'il ait le sentiment de faire ses propres choix, plutôt que de subir les angoisses de l'adulte qui prendraient le dessus. »
La règle d'or : se laisser du temps jusqu'à la Toussaint
Enfin, la psychologue martégale invite à la patience. Une routine ne s'installe pas en 48 heures.
« Donnez-vous le temps de la première période, jusqu'aux vacances de la Toussaint. C’est là que les choses se mettent en place. Si après la Toussaint les difficultés sont toujours là, on pourra réfléchir à des solutions. Mais avant cela, pas d’inquiétude : c’est la routine qui se construit ! »
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