Martigues
-
Éducation,
Social
Mobilisation lycéenne à Martigues : « Leurs revendications sont tout à fait légitimes », pour le syndicat SNES-FSU3min
Par Norhène Ouerfelli02/10/2026 à 19:02
Alors que des blocages et des rassemblements de lycéens se multiplient, Philippe Sénégas, professeur au lycée Jean Lurçat de Martigues et représentant syndical SNES-FSU, apporte son soutien au mouvement. Emplois du temps surchargés, manque d'AESH et de remplaçants : tour d'horizon des griefs portés par les élèves et les enseignants.
La colère des lycéens prend de l'ampleur et dénonce des conditions d'études dégradées : emplois du temps incohérents, non-remplacement des professeurs absents ou encore vétusté des établissements. Pour Philippe Sénégas, enseignant au lycée Jean Lurçat à Martigues et représentant du syndicat SNES-FSU, la réaction des élèves est totalement fondée : « Leur revendication est tout à fait légitime. Des emplois du temps qui sont surchargés, incohérents et qui sont la conséquence du bac Blanquer contre lequel, à l'époque, nous avions alerté sur les conséquences néfastes qui arriveraient. »
Des classes surchargées et des manques poignants de professeurs
Sur le terrain, la situation pèse lourdement sur le quotidien des élèves et des équipes pédagogiques. Philippe Sénégas pointe du doigt les effectifs dans les classes et le manque de remplaçants dans des matières pourtant cruciales pour le baccalauréat : « À Lurçat, en seconde, nous avons des classes à 35 voire 36 à la rentrée. Quand on regarde par exemple des matières de spécialité, c'est-à-dire qui ont un coefficient très important comme la physiopathologie humaine pour les spécialités ST2S ou pour la construction pour les bacs pro, nous avons des élèves qui n'ont pas de remplaçant depuis le début de l'année. Et c'est des matières qui sont fondamentales en terme de barème pour leur diplôme de fin d'année. »
Le représentant syndical dénonce également le sous-effectif chronique d'AESH (Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap) et d'AED (Assistants d'éducation), rappelant un récent incident au lycée Raimbaud : « Les AESH, qui font un métier vital pour l'Éducation nationale, en plus d'être sous-payés, en plus d'être précarisés, sont en sous-effectif. Donc les élèves qui sont en inclusion ne peuvent pas être suivis correctement, d'où les incidents qui peuvent arriver. »
Violences dénoncées et prise de conscience des jeunes
Si des débordements et des feux de poubelles ont été constatés en marge de certains blocages, l'enseignant tient à faire la distinction entre ces actes et le fond du message porté par la jeunesse : « Au nom de tous les personnels, aussi bien enseignants que non-enseignants du lycée Jean Lurçat, nous dénonçons toute forme de violence, notamment contre les personnels d'éducation, c'est inacceptable. Mais la quasi-totalité des élèves du lycée dénonce tout autant les violences contre les personnes. »
Pour illustrer l'état d'esprit des élèves mobilisés, Philippe Sénégas rapporte un témoignage marquant d'un lycéen recueillis durant les manifestations : « Des élèves me disaient hier : "Vos manifestations pacifiques n'ont servi à rien, le gouvernement ne vous a pas entendus. Nous, on va faire du bruit à l'international et Macron sera obligé de nous entendre." Ça illustre assez bien la volonté des élèves qui ont conscience quelque part que, des fois, il faut un peu plus de bruit qu'il ne faudrait. »
Il ajoute au sujet des jeunes mobilisés : « Ce ne sont pas des sauvages, ce sont des citoyens en construction qui sont très conscients à la fois de l'état de délabrement de notre Éducation nationale, qui a été complètement abandonnée par Emmanuel Macron pendant dix ans, et aussi des limites d'actions syndicales ou sociales qui n'ont jamais abouti. »
Une réouverture du lycée Jean Lurçat envisagée lundi et un appel à la grève mardi
Interrogé sur les conditions de retour en classe après ces journées de tension, Philippe Sénégas prône le dialogue et la reprise du lien pédagogique au sein de l'établissement martégal : « C'est ce qu'on est en train de discuter avec les collègues aujourd'hui et même l'équipe de direction : c'est de reprendre les cours lundi, on est nombreux à penser qu'il faut que le lycée réouvre lundi et que le lien soit vraiment renoué complètement avec les élèves. »
Une reprise qui s'inscrit dans un combat partagé pour la défense de l'école publique : « L'écrasante majorité des lycéens défend la même chose que nous : un service public d'éducation de qualité. Il faut que tous ensemble on fasse poids pour que ce gouvernement comprenne enfin que l'éducation n'est pas un coût, c'est un investissement pour l'avenir. »
La suite du mouvement s'annonce d'ores et déjà syndicale : le SNES-FSU appelle à une journée de grève ce mardi, à la suite d'une réunion prévue avec le ministre de l'Éducation nationale.
A lire aussi
Aix-en-Provence
-
Éducation
Fête de la Science à Aix-en-Provence : le Village des Sciences éveille vos sens au Parc Saint-Mitre
France
-
Éducation
Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à poursuivre la mobilisation faute "de mesures concrètes"
Bouches-du-Rhône
-
Éducation
Mobilisation lycéenne dans les Bouches-du-Rhône : 59 interpellations et de nouveaux actes de violence ce vendredi
Marseille
-
Éducation
Salons Studyrama à Marseille et Aix : « Il faut anticiper Parcoursup »

