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Incendies : "L'été 2026 est le pire été jamais connu", alerte l'Office Nationale des Forêts

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Par Sandrine Calvayrac06/08/2026 à 17:05

Alors que deux incendies ont mobilisés les pompiers du SDIS13 aujourd'hui, le premier sur le plateau de l’Arbois à Aix-en-Provence secteur AIX-TGV et le second sur la N113 au niveau de Saint-Martin-de-Crau, la situation des massifs forestiers reste extrêmement préoccupante. Invité ce jeudi midi sur Radio Maritima, Julien Panchout, directeur de l'agence ONF pour les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, tire la sonnette d'alarme : l'été 2026 est déjà considéré comme une année exceptionnelle par son intensité.

Le constat est sans appel : l’été 2026 s’inscrit déjà dans les records. « On est sur une année qui est vraiment hors norme. C’est deux fois plus qu’en 2022, qui était déjà une année record », prévient Julien Panchout. Avec des méga-feux historiques, notamment en Gironde, et une multiplication des départs de feu sur tout l'hexagone, le directeur de l'ONF souligne la vulnérabilité extrême de nos forêts provençales.

 

Un été 2026 hors norme pour les incendies en France

Les conditions météorologiques de cette année placent les forêts de Provence dans une situation de très forte vulnérabilité. "On est sur une année qui est vraiment hors norme. C'est deux fois plus qu'en 2022, qui était déjà une année record", explique Julien Panchout au micro de Maritima.

Après les méga-feux qui ont marqué plusieurs régions françaises, notamment la Gironde, les départs de feu se multiplient également dans le sud-est. Le risque est très elevé dans les Bouches-du-Rhône. 

 

Une sécheresse installée avec plusieurs semaines d’avance

L’une des principales inquiétudes concerne le manque de pluie. Selon le directeur de l’ONF, les précipitations sont quasiment inexistantes depuis la fin du mois de mai.

Conséquence : dès le mois de juin, la végétation affichait un niveau de sécheresse habituellement observé en plein mois d’août.

« Nos forêts ont déjà subi dès le mois de juin la sécheresse d’un mois d’août classique. »

Les effets sont déjà visibles dans les massifs provençaux. Certains arbustes perdent leurs feuilles de manière prématurée et le pin d’Alep voit ses aiguilles tomber bien plus tôt que les années précédentes, signe d’un important stress hydrique.

 

Comment est évalué le risque incendie ?

Les fermetures quotidiennes des massifs forestiers ne sont pas décidées au hasard. Elles reposent sur un suivi scientifique réalisé par les équipes de l’ONF.

Chaque semaine, des prélèvements de végétation sont effectués sur plusieurs sites de référence dans chaque département.

« On les pèse, on les chauffe, puis on les repèse. La différence de poids nous donne l’état hydrique de la végétation. Cette donnée est transmise à Météo-France qui la croise avec le vent, la température et l’humidité pour définir le risque du lendemain. »

Ces analyses permettent aux autorités de déterminer quotidiennement les niveaux de risque et les éventuelles restrictions d’accès aux massifs.

 

Plus de 95 % des incendies sont liés à l’activité humaine

Pour Julien Panchout, la principale menace reste le comportement humain.

« Plus de 95 % des feux sont d’origine humaine. Le fait d’être dans un massif avec une végétation très sèche augmente le risque. Une simple étincelle peut faire partir un grand feu. »

Le directeur de l’ONF rappelle également que les interdictions d’accès visent autant à prévenir les départs de feu qu’à protéger les personnes.

« Un feu va plus vite qu’un homme qui court. Si des personnes sont dans le massif au moment où un feu démarre, elles risquent d’être brûlées. »

 

Les bons réflexes avant de partir en forêt

Avant toute randonnée ou promenade, il est indispensable de vérifier les conditions d’accès aux massifs forestiers publiées chaque jour par la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Julien Panchout rappelle enfin quelques règles essentielles :

  • ne jamais jeter de mégot dans la nature ;

  • ne pas allumer de barbecue en zone à risque ;

  • éviter les travaux susceptibles de produire des étincelles ;

  • respecter les fermetures de massifs décidées par les autorités.

Dans un contexte de sécheresse exceptionnelle, chaque geste compte pour limiter le risque d’incendie et protéger les forêts provençales.

 

Lire aussi. "30 départs de feu par jour" : l'alerte de l'ONF face à la canicule en Provence

 

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