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Agriculture : « On a déjà eu deux décès dans le 13 », le cri d'alarme de Jean-Charles Bureau (Conf' Paysanne) face à l'urgence climatique

3min

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Par Didier Gesualdi03/09/2026 à 11:26

Alors que le ministère de l'Agriculture vient de décaler l'annonce des aides d'urgence, la détresse grandit dans les fermes des Bouches-du-Rhône. Entre canicules à répétition, pertes de récoltes et épuisement des corps, le porte-parole de la Confédération Paysanne 13, Jean-Charles Bureau, dénonce un manque d'anticipation de l'État. Invité ce matin sur Maritima Radio, il dresse un constat glaçant sur la santé physique et mentale des agriculteurs provençaux.

« C’est extrêmement difficile de travailler sous 40 degrés en plein soleil, dans les serres... les corps subissent pleinement les canicules. » Jean-Charles Bureau ne cache pas la gravité de la situation. Dans les Bouches-du-Rhône, l'été 2026 n'est plus seulement un défi économique, c'est devenu un enjeu de survie humaine.

 

Un bilan humain et sanitaire alarmant

Si les pertes de rendement inquiètent, c'est d'abord la santé des travailleurs de la terre qui est en jeu. Le porte-parole de la Confédération Paysanne révèle des chiffres tragiques pour le département : « On a quand même eu deux décès dans les Bouches-du-Rhône et plusieurs AVC qui pourraient être complètement imputables à la chaleur. Niveau moral, c'est sûr que ça impacte, d'autant qu'en plus des catastrophes directes, il y a l'impossibilité de commencer à planter pour cet automne. »

Maraîchers et apiculteurs sont en première ligne. Certains voient leurs plans « brûler sur pied » tandis que d'autres redoutent déjà l'été prochain, faute de visibilité et de soutien gouvernemental.

 

Aides d'urgence : le mépris du calendrier ministériel ?

Mercredi, le ministère de l’Agriculture a annoncé décaler de quelques jours les précisions sur les aides d’urgence. Un contretemps insupportable pour une profession qui vit au jour le jour. « On ne sait pas ce qu'il va se passer l'été prochain. Le gouvernement ne s’y attelle pas du tout. On a tous vécu le même été et pourtant, on n’entend pas du tout parler de solutions concrètes. Il faut écouter les paysans dans leur ensemble et pas seulement l’agro-industrie ou les grands céréaliers. »

Pour Jean-Charles Bureau, le système actuel favorise la « privatisation de l'agriculture », notamment sur la gestion de l'eau, rendant la production alimentaire de plus en plus onéreuse et précaire pour les petites exploitations.

 

Une relève menacée par le foncier

Le manque d'attractivité du métier, aggravé par les conditions climatiques extrêmes, pèse sur l'avenir de l'agriculture en Provence. « La relève n'est pas assurée, c'est de pire en pire », s'inquiète l'invité de Maritima.

Pourtant, le désir d'installation existe. « Beaucoup de jeunes veulent s'installer, mais c'est difficile de trouver des terres, d'avoir accès au foncier et de développer des réseaux de vente solides. » À cela s'ajoute la baisse, voire la suppression de subventions associatives qui aidaient les paysans au quotidien.

 

Vers une Sécurité Sociale de l'Alimentation ?

Face à ce « cercle vicieux » entre pauvreté et hausse des prix dans l'assiette, la Confédération Paysanne plaide pour des solutions de rupture :

  • La souveraineté alimentaire réelle via des fermes autonomes.

  • La sécurité sociale de l'alimentation, pour garantir un accès à une nourriture choisie et aider les paysans à vivre dignement de leur métier.

« On mange trois fois par jour, c’est un sujet vital humain », conclut Jean-Charles Bureau. Un message adressé directement à la ministre, l'appelant à une prise de conscience globale avant que les épisodes méditerranéens de l'automne ne viennent compliquer davantage une situation déjà critique.

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