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Environnement
Ligne THT entre Jonquières et Fos-sur-Mer : « Cette enquête publique est l'occasion de faire éclater la vérité »2min
Par Norhène Ouerfelli07/11/2026 à 16:50
C'est une étape cruciale qui s'ouvre pour l'avenir de la Camargue, de la plaine de la Crau et du bassin industriel de Fos-sur-Mer. Du 9 novembre au 11 décembre, le projet controversé de ligne électrique aérienne à très haute tension (THT 400 000 volts) reliant Jonquières-Saint-Vincent à Fos-sur-Mer entre dans sa phase d'enquête publique. Invité sur Maritima Radio, Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif d'opposition, appelle à une mobilisation massive et démonte point par point les arguments du gestionnaire de réseau.
C'est une étape cruciale qui s'ouvre pour le territoire. Du 9 novembre au 11 décembre, le projet de ligne électrique aérienne à très haute tension (THT) reliant Jonquières, Saint-Martin-de-Crau et Fos-sur-Mer entre dans sa phase d'enquête publique. Pour le collectif THT, opposé au tracé aérien de 65 kilomètres et ses 145 pylônes, cette consultation représente un tournant stratégique.
Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif, rappelle la portée de cette échéance : « Cette enquête est l'occasion unique de pouvoir travailler sur le fond du dossier. Il y a cinq commissaires enquêteurs, c'est plutôt inédit. Ces derniers vont pouvoir enfin se pencher sur le fond du dossier et faire éclater la vérité face aux mensonges portés par RTE depuis trois ans. »
Coûts, faisabilité et délais : les trois « mensonges » pointés par le collectif
Au cœur de la contestation, le choix de RTE de privilégier la voie aérienne plutôt que l'enfouissement sous terre. Une décision que le collectif conteste point par point, à commencer par la faisabilité technique : « La pertinence technique de la solution enterrée a été validée par une tierce expertise, en l'occurrence CentraleSupélec. RTE nous dit depuis trois ans que ce n'est pas techniquement faisable, alors que lors de la conférence de presse de lundi, son directeur régional Guy Donat a dit que tout était possible en termes d'enfouissement de lignes de 200 000 volts. RTE change d'avis. »
Sur le plan financier, le collectif dénonce des arguments « fallacieux ». Alors que RTE avance un montant de 400 millions d'euros pour la ligne aérienne, le collectif réévalue ce coût à environ 1,5 milliard d'euros en incluant les compensations financières, les aménagements du terminal minéralier et le démontage des anciens pylônes. « Ce sont des équivalents financiers qui sont les mêmes pour la solution enterrée, elle aussi estimée à 1,5 milliard », précise Jean-Luc Moya.
Enfin, la question du calendrier suscite également l'indignation du porte-parole : « L'argument du délai est complètement faux parce qu'il n'y a pas d'acceptation sociale de ce projet. Nous avons constitué un pool de six avocats qui vont attaquer toutes les décisions administratives portées par RTE et toutes les décisions des industriels complices. Ça va prendre un temps fou, on ne sera jamais dans les délais. De plus, il n'y a pas d'urgence : le marché de l'hydrogène pour lequel ces lignes sont tirées n'est pas mature, les start-ups se cassent la figure les unes après les autres. »
Des doutes sanitaires et la menace d'un « blackout » électrique
Au-delà de la préservation des paysages, le collectif met en avant de lourds enjeux de santé publique et de sécurité énergétique.
Sur le volet sanitaire, Jean-Luc Moya rappelle que les impacts des champs électromagnétiques ont déjà fait l'objet de condamnations juridiques pour des élevages bovins en France. « Sur nos territoires, en Camargue notamment, nous avons des taureaux et des chevaux, nous avons des suspicions de problématiques de santé, tout comme pour les habitants qui passeront quotidiennement sous ces pylônes sur la RN 568 pendant des années. »
Mais pour le collectif, le risque le plus critique demeure le risque sécuritaire : « RTE est en train de mettre 7 millions de Français de la région PACA et d'Occitanie face à un potentiel blackout en concentrant toute son énergie sur le poste de Tavel et en alimentant de façon radiale les territoires concernés. La solution portée par le collectif apporte un maillage sécuritaire avec une deuxième ligne de 200 000 volts en liaison sous-marine entre l'Occitanie et Fos-sur-Mer. Le plus grave danger que fait courir RTE, c'est un blackout total au niveau électrique. »
Mobilisation générale dès ce lundi à Arles
Pour faire entendre leur refus, le collectif appelle l'ensemble des acteurs du territoire - citoyens, acteurs économiques, associations et personnalités politiques - à participer massivement à la procédure administrative. « Sur notre territoire, 140 élus ont signé le serment pour l'avenir de la terre de Crau, de Camargue et des Alpilles, nous allons les solliciter, tout comme les candidats à la présidentielle. »
Une première réunion d'information est organisée ce lundi 9 novembre à 18h à la salle des fêtes d'Arles. Des permanences se tiendront également à Arles les lundis et mercredis de 17h à 19h, et des ressources d'information sont mises à disposition sur le site internet du collectif THT pour aider chacun à formaliser ses contributions.
A lire aussi. Projet controversé de ligne THT vers Fos : l'Etat lance l'enquête d'utilité publique
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