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« À plus de 10 nœuds, le risque de mortalité explose » : Miraceti sonne l’alerte pour les baleines de Méditerranée

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Par Cassandre Amouroux02/09/2026 à 06:25

La mise en service d’un nouveau navire à grande vitesse entre l’Italie et la Corse suscite une vive inquiétude chez les défenseurs de l’environnement. Invitée sur Maritima Radio, Laurine Gounot, chargée de mission programme collisions pour l’association Miraceti, alerte sur les risques de collisions mortelles pour les rorquals et les cachalots. Entre vitesse excessive et protection du sanctuaire Pelagos, le combat pour la survie des géants de la mer s’intensifie.

L'alerte est lancée par un collectif d’associations, dont l’organisation marseillaise Miraceti. Au cœur de la polémique : le Christine L, un navire de la compagnie Cors'Express capable d’atteindre les 35 nœuds (environ 65 km/h). Ce navire à grande vitesse effectue des rotations entre l'Italie et la Corse depuis quelques jours, une traversée qui se fait en un temps record grâce à une vitesse élevée. Des trajets qui pourraient s’avérer fatal pour la biodiversité marine dans une zone pourtant classée comme « particulièrement sensible » par l’Organisation Maritime Internationale (OMI).

 

La vitesse, facteur n°1 de mortalité

Pour les grands cétacés, la vitesse des navires est une question de vie ou de mort. « Les collisions sont la première cause de mortalité non naturelle chez les grands cétacés en Méditerranée », explique Laurine Gounot.

Le seuil critique est scientifiquement documenté : « On sait qu’au-delà de 10 nœuds, le risque de mortalité lorsqu’il y a une collision est significativement plus élevé. On passe d’environ 20 % à 80 % de chances de tuer l’animal. »

À 35 nœuds, le Christine L navigue largement au-dessus des recommandations du Sanctuaire Pelagos. Plus un navire va vite, moins l’équipage a de temps pour détecter l’animal, et moins le cétacé a de chances d’esquiver la coque.

 

Des populations de rorquals déjà en déclin

Le rorqual commun et le cachalot sont aujourd'hui classés « en danger » en Méditerranée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Leur survie tient à un équilibre fragile. Selon une étude de 2023, environ 33 rorquals mourraient chaque année suite à des collisions dans le nord-ouest de la Méditerranée, pour une population totale estimée à seulement 1 700 individus. « Avec 33 individus tués par an, la résilience de la population est impactée. La population serait potentiellement en déclin à cause du risque de collision, car les cétacés se reproduisent peu et tardivement. »

 

Une tribune pour bloquer le « pavillon français »

Face à cette menace, Miraceti et d'autres ONG ont signé une tribune demandant l'interdiction de ce navire dans les zones protégées. Le navire, actuellement sous pavillon italien, pourrait passer sous pavillon français dans le futur, une démarche que les associations demandent à l’État de refuser.

L’enjeu dépasse le simple cadre d’une ligne commerciale. Il s'agit de protéger les « forêts animales marines » de la Méditerranée. « Les grands cétacés ont un rôle écologique similaire à celui des arbres sur terre : ils offrent abri, nourriture et piègent le carbone », rappelle Laurine Gounot.

Alors que le trafic maritime ne cesse de croître en période estivale, Miraceti appelle à une prise de conscience politique et industrielle pour que la vitesse ne l'emporte plus sur la vie.

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