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Rats à Marseille : furets, prévention et leptospirose, le point sur la stratégie de la ville

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Par Cassandre Amouroux17/10/2026 à 16:13

Alors qu’une nouvelle opération de dératisation écologique à l’aide de furets a été menée ce mardi dans le 8e arrondissement de Marseille, la municipalité accélère sa lutte contre la prolifération des rongeurs. Efficacité des prédateurs naturels, fin de la gestion dans l’urgence, chasse aux dépôts de nourriture et risques de transmission de la leptospirose : Anthony Gonçalves, adjoint au maire de Marseille délégué à la santé, était l'invité sur Maritima Radio pour détailler la stratégie municipale.

 

Le furetage dans les parcs : « Une approche naturelle sans risque chimique »

Déjà aperçus à plusieurs reprises dans les espaces publics de la cité phocéenne, des furets ont de nouveau été déployés cette semaine pour déloger les rongeurs sous terre. Une technique ancestrale et écologique dont l'élu rappelle la mécanique : « Le furet est un prédateur naturel des rats. Quand on l'introduit dans les galeries où se trouvent les rats, ils fuient et sont capturés dans des filets posés à la sortie des terriers. C'est évidemment dénué de toute exposition à des produits chimiques toxiques ou des biocides. C'est le principal intérêt de cette méthode : une approche naturelle qui ne génère aucun risque chimique. »

Pour autant, la Ville ne prétend pas éradiquer la population murine uniquement grâce aux furets. Le dispositif répond à un ciblage précis dans les lieux sensibles : « On ne peut pas imaginer dératiser une ville entière avec une telle procédure. Cela vient en complément, dans des zones où l'on n'a pas envie d'épandre de produits chimiques, comme les parcs et jardins publics, qui sont très fréquentés par les enfants. »

 

« Aucune grande ville n'a fait disparaître les rats » : priorité à la prévention et au terrain

Face à un phénomène qui empoisonne le quotidien de nombreux quartiers, Anthony Gonçalves tient un discours de vérité : « Il faut être honnête : aucune grande ville au monde n'a fait disparaître les rats. Ce que nous pouvons faire, ce que nous essayons et allons faire de plus en plus, c'est les faire reculer. Et pour cela, il faut multiplier les approches, notamment la prévention. »

Cette bataille passe d'abord par la suppression des sources de subsistance des rongeurs. L'abandon de restes alimentaires sur la voie publique et les poubelles mal fermées constituent de véritables mangeoires à ciel ouvert : « Il y a un certain nombre de gestes simples sur lesquels on peut agir : la gestion des déchets et les nourritures laissées au sol, qui favorisent directement la prolifération des rats. Il faut absolument agir là-dessus. »

Pour l'adjoint à la santé, la municipalité rompt désormais avec l'ancienne politique de simple réaction au coup par coup : « On ne peut plus être dans la réaction comme cela a été fait pendant longtemps, où les gens appelaient pour signaler une infestation urgente. Il faut maintenant anticiper. Nous avons des services plus nombreux qui tournent dans les différents secteurs pour identifier les zones à risque en amont (déchets, nourriture à terre, végétation non entretenue). Évidemment, toutes les méthodes doivent être appliquées : il y a aussi besoin de biocides et nous les utilisons, mais nous jouons sur tous les tableaux. »

 

Santé mentale et leptospirose : un enjeu de salubrité publique

Au-delà de l'impact sur l'attractivité ou l'image de la deuxième ville de France, l'élu insiste sur les répercussions directes subies par les habitants dans leur cadre de vie quotidien : « C'est avant tout une question de cadre de vie pour les habitantes et les habitants en priorité. C'est un élément extrêmement anxiogène de vivre dans un environnement où vous croisez des rats ; cela influe lourdement sur la santé mentale. »

Enfin, l'adjoint au maire rappelle la réalité du danger sanitaire représenté par les colonies de rongeurs, vecteurs de pathologies sévères : « Il n'y a pas que la santé mentale, il y a la santé tout court. Les rats sont porteurs de maladies potentiellement graves. La plus connue, la leptospirose, touche chaque année quelques Marseillais, souvent d'ailleurs dans des situations de précarité. Quand nous agissons contre les rats, c'est pleinement un acte de santé publique. »

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