Martigues - Etang de Berre
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Environnement,
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Odeurs d'hydrocarbures autour de l'étang de Berre après les intempéries : AtmoSud fait le point3min
Par Sandrine Calvayrac28/10/2026 à 17:43
Un épisode de nuisances olfactives d'une ampleur inédite a frappé le pourtour de l'étang de Berre et le littoral après les intempéries du 20 octobre. Plus d'une centaine de riverains ont signalé des odeurs suffocantes de soufre et de carburant, accompagnées de maux de tête et d'irritations. Invité ce midi sur Maritima Radio, Sébastien Mathiot, chargé d’action territoriale à AtmoSud, livre les résultats des capteurs, explique le rôle des pluies diluviennes et pointe la responsabilité du site industriel de La Mède.
De Port-de-Bouc à Marignane, en passant par Martigues, Châteauneuf-les-Martigues et les calanques de la Côte Bleue, l’air est devenu irrespirable pour de nombreux habitants la semaine passée. En cause : de persistantes odeurs d’hydrocarbures, de soufre et de carburant, ressenties avec une intensité inhabituelle.
Pour faire la lumière sur cet épisode sanitaire et environnemental, Sébastien Mathiot, chargé d'action territoriale à AtmoSud (l'observatoire agréé de surveillance de la qualité de l'air en région Provence-Alpes-Côte d'Azur), était l'invité du journal de midi sur Maritima Radio.
Plus de 100 signalements en quelques jours : « Un épisode très singulier »
Si le bassin industriel de Fos-Martigues-Berre est parfois soumis à des relents d'effluents, la durée et l'étendue géographique de cet épisode ont rapidement fait monter l'inquiétude des riverains. « On est à plus de 100 signalements enregistrés chez nous. Le pic a été très nettement la journée du mardi 20 octobre, mais ça s'est étalé sur plusieurs jours. […] Ce qui rend cet épisode très singulier, c'est l'ampleur du nombre de signalements et sa récurrence sur plusieurs jours consécutifs », précise Sébastien Mathiot au micro de Maritima.
L'expert d'AtmoSud souligne que la zone géographique touchée a été particulièrement vaste : « C'est un territoire très large : le quartier de La Mède, Martigues, et toute la Côte Bleue, de La Couronne jusqu'à Ensuès-la-Redonne. C'est vraiment la particularité de cet événement. »
Bien que la situation se soit apaisée à la suite du pic initial, l'ingénieur territorial a précisé qu'encore « un ou deux signalements » avaient été enregistrés la veille de l'interview, preuve que les émanations ont mis du temps à se dissiper complètement.
Le débordement des bassins de la raffinerie de La Mède en cause
Quelle est l'origine exacte de ces odeurs de carburant et de soufre ? Pour AtmoSud, le lien direct avec les intempéries exceptionnelles et les installations industrielles ne fait aucun doute. « Ce sont les événements pluvieux, ces pluies d'une intensité rare survenues le mardi 20, qui ont lessivé les sols industriels, les voiries, et saturé les bassins de rétention d'eau chargés en hydrocarbures. Ces bassins ont débordé, charriant des eaux polluées qui ont diffusé ces odeurs », détaille Sébastien Mathiot.
Interrogé sur la responsabilité du site TotalEnergies, le représentant d'AtmoSud est catégorique : « On a eu des déclarations sur Allô Industrie faisant état d'opérations de torche et de maintenance, mais la raffinerie de La Mède a elle-même confirmé par voie de presse que des eaux de ruissellement chargées en hydrocarbures étaient à l'origine de ces odeurs. Aujourd'hui, on est quasiment certains que l'origine majeure du problème est liée à la raffinerie de La Mède sur la journée du 20 et les jours qui ont suivi. »
Pics de benzène et de toluène mesurés par les capteurs de Martigues-Lavéra
L'un des défis majeurs pour mesurer la toxicité immédiate réside dans la couverture des capteurs. AtmoSud ne dispose pas d'appareil d'analyse spécifique des COV (composés organiques volatils) implanté immédiatement en limite de clôture de la raffinerie de La Mède. En revanche, les instruments situés dans la trajectoire du vent ont réagi. « Notre station la plus proche mesurant les composés organiques volatils (COV), comme le benzène et le toluène, est celle de Martigues-Lavéra. Ce jour-là, elle était sous le vent de la raffinerie de La Mède. Elle a mesuré deux pics consécutifs d'un quart d'heure de benzène et de toluène », révèle Sébastien Mathiot.
Si l'expert tient à rassurer en indiquant que les concentrations enregistrées à cette distance sont restées « modestes » et n'ont pas franchi les valeurs toxicologiques de référence, l'exposition des populations vivant au plus près de la raffinerie reste une zone d'ombre : « La raffinerie a mandaté des prélèvements par un laboratoire indépendant au niveau de ses installations, mais nous n'avons pas accès à ces données pour savoir quel a été le niveau précis d'exposition au plus près du site. »
Maux de tête, nausées et irritations : des conséquences physiques réelles
Ce ne sont pas seulement de mauvaises odeurs que les habitants ont subies, mais un réel inconfort sanitaire. Grâce au questionnaire développé conjointement par AtmoSud et l'Agence Régionale de Santé (ARS PACA) sur l'outil citoyen SignalAir, les riverains ont pu consigner leurs symptômes en direct. « Sur l'application SignalAir, les utilisateurs peuvent qualifier la gêne ressentie : est-ce que c'est une gêne olfactive simple ou une gêne physique ? Là, on a eu beaucoup de déclarations de maux de tête, d'irritations des yeux, du nez, de la gorge, et parfois même des nausées », énumère Sébastien Mathiot.
L'absence de mesures directes au pied des habitations de La Mède complique toutefois l'évaluation médicale rétroactive : « Malheureusement, sans capteurs mesurant la concentration exacte au cœur des quartiers habités, il nous est difficile de quantifier la dose exacte respirée et de l'associer directement aux valeurs toxicologiques. »
SignalAir : la DREAL, l'ARS et les industriels officiellement saisis
Face à l'avalanche de déclarations citoyennes, l'observatoire n'est pas resté inactif. Un protocole d'alerte spécifique a été déclenché pour obliger les autorités de contrôle et les industriels à rendre des comptes. « Quand on observe un pic aussi manifeste, on publie une actualité sur notre site pour informer la population en toute transparence, et on alerte immédiatement la DREAL — qui est la police des installations classées pour l'État —, l'ARS, les collectivités territoriales et l'industriel mis en cause », explique le chargé d'action territoriale.
Sébastien Mathiot rappelle l'importance pour les habitants de continuer à signaler le moindre dysfonctionnement sur l'application gratuite SignalAir (disponible sur smartphone et ordinateur) : « Vos signalements sont précieux. Ils permettent non seulement d'alerter en temps réel, mais aussi de compiler des bilans annuels pour contraindre les émetteurs à trouver des solutions durables et éviter que de tels épisodes ne se reproduisent. »
Pratique : comment signaler une nuisance olfactive avec SignalAir ?
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Application mobile et web : rendez-vous sur le site officiel ou l'application mobile gratuite SignalAir (gérée par AtmoSud).
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Que déclarer ? Nature de l'odeur (soufre, œuf pourri, essence, brûlé, plastique), intensité de la gêne, lieu exact et symptômes physiques éventuels.
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À quoi ça sert ? Les données alimentent les cartes en temps réel d'AtmoSud, servent de preuve pour la DREAL et déclenchent des investigations auprès des sites industriels.
En résumé :
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Une centaine de signalements citoyens enregistrés par AtmoSud, avec un pic majeur le mardi 20 octobre s'étirant de Port-de-Bouc à Marignane, Châteauneuf-les-Martigues et jusqu'à la Côte Bleue.
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La cause identifiée : les pluies torrentielles ont saturé et fait déborder les bassins de rétention d’eau chargés en hydrocarbures sur le site de la bioraffinerie de La Mède.
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Ce qu'ont capté les stations : La station AtmoSud de Martigues-Lavéra a enregistré deux pics consécutifs de benzène et de toluène lors du passage du panache.
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Symptômes physiques avérés : les riverains ont rapporté des céphalées, des irritations oculaires et respiratoires ainsi que des nausées via l'application SignalAir.
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Les suites : la DREAL, l'Agence Régionale de Santé (ARS), les élus locaux et l'industriel ont été officiellement alertés par l'observatoire.
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