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Les éleveurs, dont les animaux souffrent de la chaleur, s'adaptent pour poursuivre leur activité 2min
Par Thomas Douhairet20/07/2026 à 19:01
Au Château des Trois Sautets, les éleveurs de chèvres poursuivent leur production de fromage malgré les fortes chaleurs. Pour préserver la santé de leurs animaux, et offrir le même produit que le reste de l'année, ils sont obligés de s'adapter.
Sur les alentours de 14h, le troupeau de chèvres de Laurence Chaullier revient des pâturages afin de se mettre au frais. « Il fait beaucoup trop chaud à cette heure-ci. Elles vont rentrer et se mettre à l'ombre pour ruminer. Les chèvres font les trois huit. Elles mangent pendant huit heures, ruminent pendant huit heures puis dorment pendant huit heures », explique-t-elle.
Mais avant de ruminer pour fabriquer leur lait, les chèvres mangent du foin en plus de l'herbe qu'elles ont avalé toute la matinée. « Avec la chaleur, l'herbe ne suffit plus. Il leur faut davantage à manger. C'est pour ça qu'on leur donne du foin en plus. »
Chaque chèvre du Rhove fabrique un litre de lait par jour. L'été, sa composition change. « Le lait est moins gras ce qui fait qu'on fromageabilise moins bien. On fait moins de fromage avec la même quantité de lait. D'habitude avec un litre de lait, on fait cinq brousses du Rhove. Là avec un litre , on en fait quatre », calcule-t-elle.
"Nous ne pouvons pas nous permettre de ne plus avoir de lait l'été"
Sous ces fortes chaleurs, produire du lait demande davantage d'énergie aux chèvres et rend leur lait moins calorifique. Elles s'hydratent aussi beaucoup plus. Chaque chèvre peut boire jusqu'à 20 litres d'eau par jour. Cela a obligé Laurence Chaullier et ses chevrières à installer plusieurs points d'eau dans la ferme et dans les pâturages. Cela représente un coût supplémentaire pour l'éleveuse mais nécessaire à la poursuite de son activité.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de ne plus avoir de lait l'été, c'est pas possible. On ne peut pas augmenter nos prix car ça serait trop cher pour nos clients », explique Laurence Chaullier.
La chaleur est une épreuve pour elle et ses chevrières. « Travailler de 5h à 22h sous plus de 30 degrés est éreintant », admet-elle. Mais elle refuse de se plaindre. Ses animaux, les chèvres du Rhove, résistent bien à la chaleur. En revanche, elle s'inquiète des incendies. Sa ferme est entourée de pins et de chênes et les flammes pourraient ravager la garrigue environnante qui sert de base d'alimentation à ses chèvres. Elle admet qu'une telle catastrophe porterait un coup très dur à son activité.
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