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Environnement
Érosion : comment le Port de Marseille Fos veut empêcher la disparition de la Gracieuse2min
Par Maritima 06/03/2026 à 14:18
C’est un joyau fragile du littoral provençal et un bouclier indispensable pour l'activité industrielle. La flèche de la Gracieuse, ce cordon dunaire de 6 km situé dans le Golfe de Fos, est aujourd'hui menacée par l'érosion et la montée des eaux. Pour éviter sa rupture, le Port de Marseille Fos lance un programme de Recherche et Développement baptisé « La Gracieuse, dune vivante ». Un investissement de 535 000 € pour définir l'avenir de ce site unique d'ici 2028.
Un bouclier vital pour les bassins Ouest et la conchyliculture
La flèche de la Gracieuse n'est pas qu'un paysage sauvage ; elle constitue la première ligne de défense du port. En cassant la force des vagues, elle protège les terminaux des bassins Ouest mais aussi les activités de conchyliculture (élevage de coquillages) installées en arrière.
Son rôle est également crucial pour la sécurité maritime : sa disparition ou son déplacement pourrait entraîner la formation de bancs de sable instables, menaçant l'accès des navires au chenal de navigation.
Un sanctuaire écologique en sursis
Au-delà de l'économie, la flèche est un réservoir de biodiversité exceptionnel. Refuge pour de nombreuses espèces protégées et halte migratoire majeure pour les oiseaux, le milieu dunaire et lagunaire de la Gracieuse est aujourd'hui entamé par des brèches et le recul constant du trait de côte.
Le Port prévient : une rupture totale du cordon de sable entraînerait des conséquences irréversibles pour les écosystèmes locaux.
535 000 € pour inventer la « dune idéale »
Pour répondre à l'urgence, une démarche scientifique d'envergure est initiée avec des partenaires de haut niveau : le CEREGE, le CEREMA et les experts de SUEZ. Ce programme de R&D va s'appuyer sur :
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La collecte de données historiques et bathymétriques.
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Des modélisations prédictives pour anticiper l'effet des tempêtes.
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Une thèse universitaire dédiée à la conception d'une « dune idéale ».
L'objectif est ambitieux : trouver des solutions fondées sur la nature capables de stabiliser la Gracieuse pour les 50 prochaines années, sans dénaturer l'habitat.
Des résultats attendus pour 2028
Financé conjointement par l’État, la Région Sud, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et le Port lui-même, ce projet de co-construction devrait livrer ses conclusions en 2028. Ce n'est qu'à cette date que les travaux de restauration durable pourront être lancés pour garantir la pérennité de ce rempart naturel.
crédit photos Port de Marseille Fos
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