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Environnement
« La Méditerranée se tropicalise » : l'alerte de Patricia Ricard pour les 60 ans de l'Institut océanographique3min
Par Maritima 06/06/2026 à 14:14
C’est un lieu que des milliers de petits Provençaux ont découvert lors de sorties scolaires. Fondé en 1966 sur l'île des Embiez, l'Institut océanographique Paul Ricard célèbre cette année ses 60 ans. Invitée au micro de Gilles Fenech sur Maritima Radio, sa présidente Patricia Ricard revient sur l'histoire de ce navire scientifique né d'une « colère » et détaille les défis immenses qui attendent la Grande Bleue, entre réchauffement climatique et espèces invasives.
Une naissance née d'un combat contre les « boues rouges »
L'histoire de l'Institut n'est pas celle d'une simple fondation scientifique, mais celle d'un acte de résistance. Patricia Ricard rappelle les racines de cet engagement : « Cet Institut est né d’une colère que partageaient Alain Bombard et mon grand-père Paul Ricard face aux boues rouges de Cassis. Ils avaient perdu la bataille juridique, alors par dépit, pour être les vigiles de la mer, mon grand-père a créé l'observatoire. »
Soixante ans plus tard, l'ambition reste la même : passer de l'observation à l'action. « En 60 ans, on est passé d’un moment où on observait les pollutions à un moment où, aujourd'hui, on met le cap sur les solutions », résume la présidente.
60 ans de pionnier : de l'aquaculture à la restauration écologique
L'Institut a été à l'avant-garde de nombreuses avancées scientifiques. Parmi les grandes victoires, Patricia Ricard cite la lutte contre les marées noires grâce à des bactéries capables de « grignoter » les hydrocarbures, ou encore l'essor de l'aquaculture : « Aujourd'hui, 50 % des poissons que nous mangeons viennent de l'aquaculture, et l’Institut a travaillé très tôt sur ce sujet. »
La présidente souligne également le travail crucial sur les posidonies, véritables poumons de la Méditerranée capables d'absorber le gaz carbonique, ainsi que la sauvegarde d'espèces autrefois menacées comme le Mérou.
Le nouveau défi : « L'ennemi, c'est la chaleur »
Si la Méditerranée va « mieux » qu'il y a 30 ans concernant certaines pollutions industrielles, elle fait face à une menace plus insidieuse : le changement climatique. « Aujourd'hui, le principal ennemi, c'est la chaleur. La Méditerranée se tropicalise un petit peu », alerte Patricia Ricard.
Cette hausse des températures favorise l'arrivée d'espèces invasives via les eaux de ballast des navires ou le « fouling » (organismes fixés sur les coques). Pour Patricia Ricard, l'urgence est désormais de décarboner nos activités : « Il faut absolument faire nos engagements carbone si on veut sauver l'Océan. »
Un été de célébrations aux Embiez et à Marseille
Pour marquer cet anniversaire, l'Institut océanographique propose un programme riche en immersion :
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8 juin (Ocean Day) : collecte de déchets et immersion de récifs artificiels coralliens.
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11 juin : inauguration d'un cabinet de curiosité et ateliers pédagogiques utilisant la réalité virtuelle. « On transforme la sensibilisation en animations familiales avec des outils digitaux formidables », explique la présidente.
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18 août : dédicace d'Olivier Poivre d'Arvor et projection de film en plein air.
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17 septembre : grand rendez-vous au cinéma Pathé La Joliette à Marseille.
Patricia Ricard conclut sur une note d'espoir : « Tout n'est pas fichu. Si on s'y met tous, on peut encore y arriver. »
crédit photos IOPR
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