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Chasse aux oiseaux d’eau en PACA : la LPO réclame un report d’urgence face à une « sécheresse historique »3min
Par Maritima 19/08/2026 à 13:16
À deux jours de l’ouverture anticipée de la chasse au gibier d’eau (fixée au 21 août), la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) tire la sonnette d'alarme. Invitée ce matin sur Maritima, l'association demande aux préfets de reporter cette date au 13 septembre. En cause : un été record qui a transformé les zones humides en pièges pour les migrateurs. Entretien avec Anaël Marchas, responsable juridique à la LPO PACA.
L’été 2026 restera dans les annales comme l’un des plus éprouvants pour la biodiversité. Alors que le sud de la France subit encore une cinquième vague de chaleur, les écosystèmes sont à bout de souffle. « Nous sortons d’un été historique en termes de canicule, conséquence directe du réchauffement climatique dont nous sommes responsables », rappelle Anaël Marchas, responsable médiation juridique à la LPO PACA.
Des zones humides à sec
Le constat est sans appel : les points d’eau s’évaporent, laissant les oiseaux migrateurs sans refuge. Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), près de la moitié des cours d’eau (43 %) sont aujourd'hui en « assec » ou en rupture d’écoulement.
Pour les canards de surface, les plongeurs ou les petits échassiers qui arrivent du nord de l’Europe pour faire étape en Provence, la situation est critique. « L'ouverture de la chasse à cette période, avec des milieux d'accueil restreints, nous alerte particulièrement car elle risque d'être à l'origine d'un affaiblissement de la population pour de nombreux oiseaux. »
Des oiseaux « entassés » : un risque accru pour les espèces protégées
Le danger ne réside pas seulement dans le prélèvement des espèces chassables. En raison de la raréfaction de l'eau, les oiseaux se concentrent en masse sur les rares sites encore humides (salins, étangs, lagunes littorales).
Cette promiscuité forcée entre espèces chassables et protégées (comme les flamants roses, cigognes ou spatules blanches) accroît les risques de dérangement massif. « La pression de chasse est une pression supplémentaire sur une population déjà affaiblie. Les espèces doivent pouvoir bénéficier de conditions de quiétude suffisantes pour reprendre des forces durant leur parcours migratoire », martèle le responsable juridique de la LPO.
Un appel aux préfets resté, pour l'heure, sans réponse
La LPO a officiellement écrit aux différents préfets de région pour demander l'alignement de l'ouverture de la chasse aux oiseaux d'eau sur l'ouverture générale, prévue le 13 septembre prochain. Une mesure de « bon sens » pour l'association, face à un climat que l'homme ne peut plus contrôler.
« Pour le moment, nous sommes dans l'attente de réponse », confie Anaël Marchas. « Nous espérons que nos messages seront relayés. Des actions sont en cours dans différents départements et régions. »
Comment aider la faune sauvage chez vous ?
En attendant une décision administrative, la LPO invite les citoyens à agir concrètement à leur échelle. Face à la déshydratation qui guette la petite faune locale, il faut, si possible, mettre à disposition des points d'eau (soucoupes peu profondes) à l'ombre dans les jardins et sur les balcons. Et bien sûr, renouveler l'eau régulièrement pour éviter les maladies.
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