Septèmes-les-Vallons
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Environnement
« Je m’attendais à pire. Les deux pluies récentes ont plutôt limité les dégâts » : quel bilan pour les sols après la canicule ?3min
Par Norhène Ouerfelli08/09/2026 à 17:14
Après un été marqué par des températures records et une sécheresse persistante, l’heure est au bilan pour le patrimoine vert de Septèmes-les-Vallons. Patrick Magro, élu délégué à la biodiversité et à la forêt, fait le point sur l’état de santé des sols et de la végétation. Si le pire a été évité grâce aux pluies récentes, l'équilibre reste fragile.
On l'oublie souvent derrière son visage périurbain, coincée entre Marseille et Aix-en-Provence, mais Septèmes-les-Vallons est avant tout une commune forestière. Un territoire où les plantations massives des années 80 portent aujourd'hui leurs fruits, mais se retrouvent en première ligne face au dérèglement climatique.
État des lieux : « Je m’attendais à pire »
Le constat de Patrick Magro après ces mois de chaleur intense est nuancé. Si la forêt a souffert, le scénario catastrophe ne s'est pas produit. « Je m’attendais à pire. Manifestement, les deux pluies récentes ont plutôt limité les dégâts », confie-t-il.
Pour mesurer précisément cet impact, la commune s’appuie sur un partenariat avec l’ONF et Enedis. Ensemble, ils scrutent l’hygrométrie de trois plantes « témoins », véritables baromètres de la santé de nos collines : le romarin, le chêne kermès et le ciste.
Le ciste, principale victime de la sécheresse
Si le romarin et le chêne kermès semblent avoir tenu le choc, une espèce inquiète particulièrement les spécialistes : « C’est le ciste qui semble avoir le plus souffert cette année. C’est embêtant car c’est une plante endémique, méditerranéenne, une plante de maquis mellifère qui fleurit et contribue à l’équilibre de nos collines. »
Cette dégradation de la végétation n'est pas qu'un problème esthétique ou de biodiversité ; c'est un facteur de risque majeur. Une plante desséchée devient un combustible redoutable, favorisant la propagation rapide des flammes en cas de départ de feu.
Sols secs et incendies : le double risque de l'inondation
L’élu souligne un point crucial souvent méconnu du grand public : le lien direct entre l'état des sols après un incendie et le risque d'inondation lors des orages d'automne. « Le risque feu et le risque inondation sont quelque part liés. Quand il y a un feu, ça va aggraver le ruissellement et le risque inondation. C’est ce qui s’est passé à l’Estaque l’an dernier », rappelle Patrick Magro.
Pour prévenir ces ruptures d'équilibre, la commune surveille de près ses bassins versants et a pris des mesures d'aménagement strictes, notamment autour du ruisseau Caravelle, pour limiter l'imperméabilisation des sols.
Sanctuariser la forêt : l'arrêt des courses nocturnes
Face à cette forêt qui « souffre », la municipalité estime que la pression humaine doit être régulée. Avec des milliers de marcheurs, coureurs et cyclistes, le massif est sur-sollicité. Pour Patrick Magro, la priorité doit désormais aller à la régénération du milieu.
C’est dans cette optique qu’une décision radicale est annoncée : l'interdiction définitive des grandes courses nocturnes.
« Nous sommes sur le point d’inscrire dans le marbre que nous n’accepterons plus les grandes courses à pied nocturnes. Elles sont trop dévastatrices en termes de biodiversité pour les rapaces nocturnes », affirme l'élu.
Dès le mois de février, un grand rendez-vous avec le Comité des Feux de Forêt (CCFF) et les associations environnementales permettra de définir de nouvelles variables pour préserver l'avenir de ce massif indispensable à la vie locale.
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