LogoMaritima
LogoMaritima

Bouches-du-Rhône

-

Faits divers,

Social,

Société

« On a franchi un cap » : la CGT Sdis 13 réagit après le drame des Pennes-Mirabeau

3min

image

Par Manuel Danloy02/11/2026 à 14:01

Une onde de choc et une vive colère traversent le corps des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône. Dimanche, lors d'une intervention sur un feu de véhicule dans la zone commerciale de Plan de Campagne, aux Pennes-Mirabeau, un soldat du feu a été grièvement blessé par balle. Invité du journal de midi sur Maritima, Laurent Guilloteau, secrétaire général de la CGT du Sdis 13, dénonce une agression inacceptable alors que la profession réclame une protection d'urgence.

Alors que le pronostic vital du sapeur-pompier était encore engagé ce dimanche soir, la communauté des secours s'est rassemblée ce lundi à la mi-journée devant les centres de secours du département et partout en France, gyrophares et sirènes deux-tons allumés, pour marquer son soutien et exprimer un profond ras-le-bol.

 

« Un sentiment de colère envers ce qui s'est passé pour notre collègue »

Pour les équipes du Sdis 13, le traumatisme est immense, tant les circonstances de l'attaque glacent l'ensemble de la profession : « Nos premières pensées vont vers notre collègue et sa famille ainsi que les collègues des Pennes-Mirabeau. C'est l'ensemble du corps départemental des Bouches-du-Rhône qui est totalement touché par cet événement tragique. On a aussi un sentiment de colère envers ce qui s'est passé pour notre collègue et principalement dans les circonstances où ça a pu se passer. On laisse les forces de police faire leur travail sur ce sujet-là, mais il y a un sentiment de colère. »

Le représentant syndical rappelle que ce drame survient dans un climat de tension sociale déjà très lourd : « On rappelle quand même que les sapeurs-pompiers sont en grève depuis le 8 septembre pour leurs conditions de travail, l'amélioration de leurs conditions de travail et bien d'autres revendications, dont cette revendication majeure : la protection de nos agents. »

 

« On a franchi un cap, c'est l'étape qu'il ne fallait pas franchir »

Si les agressions verbales et physiques sont devenues une réalité quasi quotidienne avec plus de 1 500 faits recensés au niveau national ces dernières années, l'utilisation délibérée d'une arme à feu sur un équipage en mission marque une escalade dramatique : « Historiquement, c'est déjà arrivé : on a même eu des sapeurs-pompiers qui sont décédés suite à des agressions par arme à feu. Aujourd'hui c'est beaucoup plus médiatisé, mais oui, notamment, on a franchi un cap. En 2021, des sapeurs-pompiers s'étaient fait tirer dessus sur la commune de Mouriès, sans sapeur-pompier blessé. Mais là aujourd'hui, on a un sapeur-pompier qui est gravement blessé et dont le pronostic vital était encore engagé hier soir. On a franchi un cap. »

Laurent Guilloteau attend désormais des mesures fermes et immédiates : « Le ministre de l'Intérieur a tout de suite relayé l'information, mais nous, on attend des actes concrets. Concrètement de la Direction générale de la Sécurité Civile et aussi de notre ministre de tutelle envers les sapeurs-pompiers. C'est l'étape de plus qu'il ne fallait pas franchir. »

 

Une épée de Damoclès permanente lors de chaque intervention

Face à l'insécurité montante, aucune mission n'est désormais anodine pour les équipages engagés sur le terrain dans les Bouches-du-Rhône : « Aujourd'hui, en fait, toutes les situations et toutes les interventions peuvent basculer d'un moment à un autre. La conjoncture actuelle et tous les mouvements sociaux et nationaux, mais aussi l'état dans lequel la pauvreté vit la France aujourd'hui créent une certaine tension. Aujourd'hui, même une simple intervention pour un malaise sur la voie publique ou un accident de la circulation peut dégénérer. On a toujours cette épée de Damoclès. »

Le pompier professionnel témoigne de cette anxiété partagée au départ de la caserne : « Aujourd'hui, les sapeurs-pompiers en France interviennent au quotidien avec toujours un risque de se faire agresser, que ce soit physiquement ou verbalement. »

 

« Les pompiers ne peuvent pas suppléer aux carences des autres services publics »

Si des modules de sensibilisation existent, la formation interne ne peut en aucun cas suffire à endiguer la violence de la société : « On en parle dans les formations, mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'aujourd'hui la mission première des sapeurs-pompiers, c'est de protéger les biens, l'environnement et les victimes. Mais derrière ça, on ne peut pas suppléer à certaines carences d'autres services publics. Aujourd'hui les forces de police sont dans le même combat que nous, ont des difficultés. »

Et le syndicaliste de conclure sur la nécessité d'un réarmement global de la présence républicaine : « Notre protection ne peut pas s'assurer que par nous, que par de la formation. C'est l'ensemble des services publics qui doivent être augmentés aujourd'hui pour assurer la protection des sapeurs-pompiers mais aussi de la population. »

 

Les casernes de France mobilisées ce midi en signe de solidarité

À l'appel des organisations syndicales, un puissant hommage a retenti ce lundi à midi dans les centres d'incendie et de secours : « L'ensemble des casernes de France ont activé gyrophares et deux-tons de leurs véhicules devant les centres de secours avec des rassemblements de personnes. L'intersyndicale nationale va probablement communiquer prochainement sur cet incident particulièrement grave. Nous attendons des réponses claires du gouvernement et de la Direction générale de la sécurité civile face à cette situation. »

 

À lire aussi : Pompiers épuisés : les syndicats dénoncent un manque d'effectifs "alarmant"

A lire aussi


Salon-de-Provence : cinq personnes prises en charge et un chat décédé après un violent incendie dans le quartier des Bressons

Salon-de-Provence

-

Faits divers

Salon-de-Provence : cinq personnes prises en charge et un chat décédé après un violent incendie dans le quartier des Bressons

Véhicules volés et munitions : une carrosserie marseillaise fermée administrativement

Marseille

-

Faits divers

Véhicules volés et munitions : une carrosserie marseillaise fermée administrativement

Rassemblements devant les casernes à midi en soutien au pompier blessé par balle à Plan de Campagne

Les Pennes-Mirabeau

-

Faits divers

Rassemblements devant les casernes à midi en soutien au pompier blessé par balle à Plan de Campagne

Pennes-Mirabeau : un pompier blessé par balle, un homme interpellé

Les Pennes-Mirabeau

-

Faits divers

Pennes-Mirabeau : un pompier blessé par balle, un homme interpellé

93.6 & 87.9 FM

Abonnez-vous à la newsletter
pour suivre notre activité et obtenir des offres