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"On est partis en urgence sans obéir au préfet" : un an après le feu à l’Estaque, la colère intacte des sinistrés

3min

Par Maritima 30/06/2026 à 14:11

Un an après le terrible incendie qui a ravagé 750 hectares entre les Pennes-Mirabeau et l'Estaque, le traumatisme est toujours vif. Marie-Blanche Chamoulaud, membre du "Collectif Incendie 8 juillet", était l'invitée de Maritima Radio. Entre lenteurs administratives et critiques acerbes sur la gestion des secours, elle livre un témoignage poignant sur une reconstruction qui semble au point mort.

Le 8 juillet 2025 reste une date noire pour Marseille. Plus de 90 habitations avaient été touchées par les flammes. Aujourd'hui, à l'approche de ce triste anniversaire, le paysage de l'Estaque porte encore les stigmates de la catastrophe, et le moral des habitants est au plus bas. "Il y a à la fois beaucoup de désespoir parce que la plupart d’entre nous n’ont pas encore pu reconstruire leur maison, et aussi beaucoup de colère", confie Marie-Blanche Chamoulaud au micro de Raphaël Khayat.

 

Reconstruction : "Seulement 3 ou 4 maisons sur 47"

Le constat est amer : malgré les promesses, le quotidien des sinistrés est un tunnel administratif. Entre les problèmes d'urbanisme et les contre-expertises des assurances qui s'éternisent, le chantier de toute une vie est à l'arrêt. "Pour certains dont la maison a été totalement détruite, il y a encore eu des visites d'experts cette semaine. Ça fait un an et ils n'ont toujours pas pu commencer les travaux", déplore-t-elle.

Sur les 47 maisons les plus durement touchées dans son secteur, seule une infime minorité a vu les premiers parpaings s'élever : "Il ne doit pas y avoir plus de 3 ou 4 maisons en reconstruction actuellement." Une situation que le collectif qualifie d'"humainement, psychologiquement et financièrement intenable".

 

Le "confinement" du préfet pointé du doigt

Au-delà du relogement, le collectif porte une parole politique forte sur la gestion du drame. Les sinistrés ne décolèrent pas contre les consignes données par la préfecture le jour J. "On cible particulièrement le préfet de l’époque qui a dirigé les opérations. Il y a eu des consignes de confinement qui ont fini par être dangereuses. Les gens ont obéi et sont partis au dernier moment, leur maison en feu, sans rien emporter. Nous, nous sommes partis en urgence sans obéir au préfet parce qu'on voyait le feu arriver."

Le collectif s'interroge également sur la répartition des moyens de secours entre les quartiers résidentiels et les zones plus populaires : "Pourquoi n'a-t-on pas pu défendre aussi bien les Pennes-Mirabeau que le quartier de l'Estaque-Saint-Henri ? Cela nous interpelle."

 

Une semaine de commémorations pour "refuser l'oubli"

Pour que cette "catastrophe humaine ne bascule pas dans l'oubli", le collectif se transforme en association pour agir en justice et exige la création d'un CLAVE (Comité Local d'Aide aux Victimes), promis mais toujours pas mis en place.

Du 3 au 11 juillet prochain, une série d'événements intitulée "1 an après le feu : ce qui est perdu, ce qui reste" proposera des expositions, des balades et des temps d'échange à l'Estaque. Le point d'orgue sera la conférence de presse du 8 juillet, où les sinistrés comptent bien interpeller une nouvelle fois la Ville et la Préfecture.

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