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Incendie de l'Estaque : Un an après la colère reste vive à l'Estaque où les habitants demandent des compte selon Jean-Marc Coppola

3min

Par Maritima 08/07/2026 à 09:58

Un an jour pour jour après l'incendie dévastateur qui a ravagé les collines des Pennes-Mirabeau et de l’Estaque, le traumatisme reste intact. Invité de Maritima Radio, Jean-Marc Coppola, maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, dénonce le silence des institutions et l'abandon des sinistrés. Entre lenteurs des assurances et zones d'ombre sur les secours, l'édile tape du poing sur la table.

Un après l'incendie du 8 juillet 2025, les plaies sont loin d'être refermées. Pour Jean-Marc Coppola, la situation psychologique de ses administrés est alarmante : « Ils sont encore très traumatisés. Cet anniversaire ravive tout ce qu’ils ont vécu. Quand on a tout perdu, des lieux de vie, des histoires personnelles construites sur des générations, le traumatisme ne disparaît pas avec le temps. »

 

Un « parcours du combattant » administratif et financier

Au-delà de la perte matérielle, c'est la bataille contre la bureaucratie qui épuise les familles. Le maire décrit des situations « cauchemardesques » : « Il y a des démarches interminables, des inquiétudes financières, administratives et humaines. Les habitants sont exaspérés par l'absence de réponses depuis un an sur certaines questions. »

Si un élan de solidarité exceptionnel a marqué les premiers mois, la réalité du terrain reste brutale. « L'Estaque reste debout, mais elle ne lâchera rien. Elle refuse que cette catastrophe tombe dans l'oubli », martèle l'élu au micro de Maritima.

 

Canadair, commandement et l’exil à Nîmes : les questions qui fâchent

L'un des points de crispation majeurs concerne l'organisation des secours le soir du drame. Jean-Marc Coppola pointe des défaillances qu'il juge inacceptables : « Pourquoi les Canadair ne sont-ils pas intervenus immédiatement ? Il y a eu une méconnaissance du terrain, comme l'emplacement des bornes incendie. Le commandement, y compris celui du Bataillon de Marins-Pompiers, a été pris par le préfet de l’époque. Aujourd'hui, les habitants veulent des réponses de la part de la Préfecture, de l'État et de la Justice. »

L'édile soulève également un problème logistique de fond : le transfert de la base des avions bombardiers d'eau. « Rappelez-vous qu'ils étaient à Marignane, ils sont maintenant du côté de Nîmes. Ce sont des délais beaucoup plus longs pour intervenir. Dans ce type d'incendie avec un Mistral très fort, il faut agir très vite. »

 

Un ultimatum fixé à la rentrée de septembre

Face à ce qu'il considère comme une inertie de l'État, Jean-Marc Coppola et le maire de Marseille, Benoît Payan, ont décidé de passer à l'offensive. Ils réclament la création immédiate d'un Comité local d’aide aux victimes (CLAV).

« Nous avons écrit au préfet et à la déléguée interministérielle à l'aide aux victimes, Alexandra Louis », explique Jean-Marc Coppola. « Si nous n’avons pas de réponse à la rentrée, nous prendrons l'initiative nous-mêmes de réunir tous les acteurs concernés. On mettra chacun devant ses responsabilités. »

Parallèlement, une pression politique s'organise au niveau national. Les députés Laurent Lhardit et Marc Pena ont demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire, tandis que le sénateur Jérémy Bacchi porte la même exigence au Sénat. L'objectif : faire toute la lumière sur la stratégie de lutte contre le feu en zone urbaine pour ne plus jamais revivre un tel drame.

 

À lire aussi : Marseille : un an après l'incendie de l'Estaque, l'École du feu aide les habitants à exorciser le trauma


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