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Faits divers
Pillages et violences à Marseille : « Nous faisons face à entre 7 000 et 8 000 pilleurs », alerte le préfet Jacques Witkowski5min
Par Rémy Reponty17/10/2026 à 18:50
Le préfet des Bouches-du-Rhône, vient de s'exprimer face à la presse suite aux scènes de pillage dont le centre ville de Marseille est le théâtre depuis ce samedi matin. Six unités de CRS sont mobilisées sur le terrain pour y faire face et entre 20 et 30 interpellations auraient déjà eu lieu.
Ce samedi 17 octobre 2026, le centre-ville de Marseille a plongé dans un chaos inédit. Face à l'ampleur des dégradations, des incendies et des pillages de commerces, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, s'est exprimé en début de soirée. Entre commerces saccagés, forces de l'ordre prises pour cibles et la mairie symbole touchée, la situation reste extrêmement tendue au cœur de la cité phocéenne.
L'interview de Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône, dans cette vidéo.
(Interview, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)
Une escalade fulgurante dès les premières heures de la matinée
Tout a débuté très tôt ce samedi matin sur le territoire marseillais. Dès 5h30, une première manifestation a touché un site industriel, nécessitant une première mobilisation des forces de l'ordre.
Puis, entre 7h30 et 8h00, un groupe d'environ 400 à 500 personnes s'est rassemblé en centre-ville. Très rapidement, vers 9h30, le cortège a enflé pour atteindre 1 500 individus, commençant à dégrader le mobilier urbain. La tension est encore montée d'un cran en fin de matinée, entre 11h30 et 12h00, basculant irréversiblement d'un rassemblement urbain à de véritables scènes de guérilla et de pillages.
Seule une mobilisation syndicale avait pourtant été régulièrement déclarée dans la cité phocéenne : une manifestation statique d'infirmiers, prévue pacifiquement sous l'Ombrière du Vieux-Port.
« Ce ne sont pas des manifestants, ce sont des émeutiers »
Face à la presse, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, n'a pas mâché ses mots : « Nous faisons face non pas à une manifestation, mais véritablement à des pillages. Nous estimons que nous faisons face aujourd'hui à entre 7 000 et 8 000 pilleurs et non pas manifestants », a-t-il affirmé.
Le représentant de l'État a fermement condamné les appels au rassemblement lancés ces derniers jours, qualifiant d'actes « criminels » certaines exactions commises en pleine journée : « Lorsqu'on incendie un bâtiment avec des habitants à l'intérieur, qu'on empêche les forces de sécurité d'intervenir, c'est criminel. [...] Les gens ne sont pas venus pour manifester, il n'y a aucune revendication. La revendication, c'est piller, c'est partir et c'est blesser », a souligné le préfet avec gravité.
Le bilan humain et matériel : des policiers blessés et des commerces dévastés
Le bilan provisoire de cette journée de violences est particulièrement lourd pour les Marseillais et les forces de l'ordre :
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29 blessés parmi les forces de l'ordre, dont 2 très sérieusement touchés et hospitalisés d'urgence.
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Une vingtaine de blessés recensés parmi les personnes dans la rue.
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30 à 40 magasins pillés ou dégradés dans le centre-ville, dont des armureries.
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Plus de 20 à 30 interpellations déjà réalisées par les services de police (s'agissant principalement de jeunes majeurs et de mineurs).
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Plusieurs incendies d'appartements et de bâtiments résidentiels constatés.
Des groupes violents de 500 à 1 500 personnes continuent d'arpenter les rues du centre-ville en cette fin de journée.
Une attaque contre les symboles de la République et de la commune
L'un des faits les plus marquants de cette journée reste la prise d'assaut de l'Hôtel de Ville. La statue de Marianne a été renversée à terre, provoquant l'indignation générale. « Voir Marianne à terre par des manifestants, c'est une honte publique, une honte publique. Et de mémoire, je n'ai pas souvenir d'avoir eu une prise entre guillemets de la mairie depuis plusieurs siècles », s'est indigné Jacques Witkowski.
Le préfet a rappelé que la situation actuelle à Marseille est totalement inédite : « Pour en avoir parlé avec le maire et les forces de l'ordre, on n'a pas souvenir d'avoir eu un mouvement de cette nature en plein après-midi. On a affaire à quelque chose d'exceptionnel ».
Rétablissement de l'ordre : des renforts déployés de Tarbes à Menton
Sur le terrain, les unités de CRS et de police nationale mènent des opérations ciblées pour ramener le calme. Dès le matin, 5 unités étaient engagées. En sa qualité de préfet de zone de défense (de Tarbes à Menton), Jacques Witkowski a ordonné le déploiement d'une unité supplémentaire venue en renfort vers 15h15. « On ne fait pas du maintien de l'ordre, on fait du rétablissement de l'ordre », a insisté le préfet. « La stratégie, c'est de protéger tout ce qu'on peut, d'interpeller lorsqu'on peut et de remettre la paix publique dans les lieux ».
En ce début de soirée du samedi 17 octobre 2026, la situation demeure extrêmement évolutive et sous haute tension à Marseille.
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