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« C'était l'apocalypse » : le syndicat de police UN1TE attend du changement après les violences du 17 octobre à Marseille4min
Par Raphael Khayat19/10/2026 à 10:47
Au lendemain d'un week-end de mobilisation marqué par de violents affrontements et des destructions de commerces à Marseille, le syndicat de police UN1TE dresse un bilan alarmant. Interrogé ce lundi matin sur Maritima, Arnaud Blaise, délégué UN1TE pour la division Nord, dénonce le manque de moyens, l'épuisement des effectifs et réclame une réponse gouvernementale ferme pour protéger la profession.
Les images de commerces éventrés et de violences urbaines dans le centre-ville de Marseille suscitent, encore ce lundi matin, une vive émotion. La Préfecture des Bouches-du-Rhône évoque 30 000 casseurs pour seulement 99 gardes à vue et un effectif initial de 700 policiers mobilisés samedi 17 octobre en matinée.
Arnaud Blaise, représentant du syndicat UN1TE pour la Division Nord, l'avoue et le déplore : la police a été submergée. « On a vécu une situation catastrophique. C'était l'apocalypse. Je n'étais pas sur le terrain, mais en contact avec les collègues en permanence. C'était une situation hyper inquiétante, que l'on craignait. On l'avait dénoncée sur plusieurs médias et ça n'a pas loupé. On n'anticipe pas assez, on ne nous écoute pas assez. »
« Des collègues ont frôlé la mort »
Le syndicaliste pointe la gravité inédite des attaques subies par les forces de l'ordre : « C'est lamentable en fait. Moi j'ai des collègues qui ont frôlé la mort. Sur les 997 policiers blessés [en France], il y a 118 qui ont été blessés rien qu'à Marseille. Ça fait à peu près 12 %, c'est juste énorme en fait. »
Arnaud Blaise évoque des dégâts liés à une "impuissance organisée" : « La colère, elle est surtout au niveau des habitants, que ce soit à Marseille ou partout ailleurs en France. Quand on voit que la police doit reculer face à des casseurs, des émeutiers, des pilleurs... que la police nationale doive reculer face à des gens comme ça, ce n'est pas normal, c'est inadmissible. »
Manque de munitions et interdiction du LBD : « On veut des actes »
Interrogé sur les origines de ce dysfonctionnement, le délégué d'UN1TE cible à la fois des choix stratégiques et des pénuries matérielles en plein cœur des affrontements. Il déplore notamment l'interdiction des LBD (lanceurs de balles de défense) dans les rangs de la police, au profit de grenades lacrymogènes. « On a manqué de munitions, il a fallu se réapprovisionner à plusieurs reprises. Il faut des moyens mais il faut aussi qu'on soit plus entendus. On exige vraiment de notre gouvernement qu'on puisse avoir des moyens et un cadre juridique qui va protéger les policiers. »
Alors que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez est attendu dans l'après-midi à Marseille pour rencontrer les élus et les commerçants sinistrés, le syndicaliste prévient qu'il n'attend plus de simples discours de soutien : « Notre ministre, il nous doit des comptes. Sa venue, c'est de la communication, il n'y a aucun problème. Mais nous, on se moque un peu des remerciements. On n'en veut plus des mots, on veut des actes. »
« Il faut inverser la peur »
Interpellé sur les demandes de certains commerçants souhaitant l'intervention de l'armée via le plan Vigipirate, Arnaud Blaise estime que les forces de police disposent déjà des compétences nécessaires, à condition de leur en donner la latitude : « Il n'y a pas besoin de l'armée. Laissez faire la police, à condition que la police puisse faire son travail avec une réelle amplitude. »
C'est également un travail de fond qui doit être mené. Un changement d'image sur le long terme : « Aujourd'hui, les gens normaux, les gens respectueux ont peur de la police, et tous les autres, ils n'en ont rien à faire de nous. Il faut inverser la peur, ce n'est pas normal. On est policiers, c'est pour protéger les Français, pour protéger la République, mais il faut que la République protège aussi les policiers. »
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