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L'Estaque : un mois après l'incendie, les habitants encore sous le choc2min
Par Joey Temple08/08/2025 à 17:30
Plus de 90 maisons brûlées et 750 hectares ravagés, le 8 juillet, le feu des Pennes-Mirabeau et de Marseille a tout détruit sur son passage. Au milieu des collines noircies, les habitants sinistrés de l'Estaque peinent à tourner la page.
Il y a tout juste un mois, le 8 juillet, un incendie violent ravageait les collines entre Les Pennes-Mirabeau et Marseille. En quelques heures, plus de 750 hectares partaient en fumée et plus de 90 habitations étaient endommagées. À l’Estaque, au nord de Marseille, les stigmates sont partout. Sur les murs et dans les esprits.
Maryse ouvre son portail en soufflant. “On est toujours au 8 juillet. Un mois après, on est toujours là. On a l'impression qu'on n'est pas au mois d'août”, confie la résidente des sommets de l'Estaque, les yeux perdus vers la colline calcinée. “On va se dire qu'on a de la chance, qu'on est vivant et qu'on a la maison quand même, par rapport à nos amis.”
A côté d'elle, Henri, son mari, est, lui aussi, désabusé. “On a fait beaucoup de nettoyage, que du nettoyage, et on nettoie toujours la même chose, sans arrêt, même endroit. Ça rend fou”, soupire l'homme à la voix cassée. “On enlève, on enlève, mais il y en a encore. La suie rentre toujours dans la maison.”
Si les dégâts matériels sont contraignants, le traumatisme psychologique l’est tout autant. Serge a dû fuir cette réalité. “Je suis parti pendant une semaine dans ma famille, en Ardèche et dans le Gard. Ici, ça n'allait pas du tout”, confie-t-il. “Je suis allé voir deux fois un psychologue pour me remettre bien les idées en place. Je ressens du stress et de l'angoisse.. Pas que ça redémarre, mais juste le visu", lâche-t-il face à la végétation meurtrie. "Le fait qu’on en parle, ça me met la boule au ventre. C'est terrible.”
Derrière la douleur et les craintes, la colère reste vive. Plusieurs habitants dénoncent toujours une mauvaise coordination des secours et des interventions jugées tardives. Plusieurs plaintes contre X ont été déposées par des sinistrés, qui demandent des comptes sur les décisions prises ce jour-là.
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