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« Ce n'est pas un incident, c'est un massacre » : la colère d'un père après le drame de Martigues

3min

Par Maritima 02/06/2026 à 16:34

Le quartier de Jonquières à Martigues est sous le choc après le meurtre d'une jeune femme de 25 ans, poignardée ce lundi en centre-ville. Invité ce midi de Manuel Danloy sur Maritima Radio, Jean-Jacques Bertin, dont la fille Laura a été victime d'un féminicide en 2019, a accepté de prendre la parole. Entre colère face à l'inaction politique et douleur partagée avec la nouvelle famille endeuillée, ce père de famille livre un témoignage brut sur une « mauvaise série » qui ne s'arrête jamais.

 

Un drame qui ravive une douleur indélébile

Pour Jean-Jacques Bertin, chaque nouveau drame est une réplique du séisme qu'il a vécu en mai 2019, lorsque sa fille Laura, 22 ans, succombait sous les coups de son compagnon à Lyon. "Je ne suis pas un professionnel, je parle avec mon cœur de papa", a-t-il confié avec émotion au micro de Maritima.

Le drame survenu hier à Martigues, où une jeune femme de 25 ans a perdu la vie après avoir reçu plusieurs coups de couteau, résonne cruellement avec son histoire. "Ce n'est pas un incident, c'est un massacre", martèle-t-il, dénonçant l'usage du terme « agresseur présumé » quand les faits sont, pour lui, d'une évidence tragique.

 

« Le mot féminicide n'existe pas dans le droit français »

Sept ans après avoir perdu sa fille, Jean-Jacques Bertin pointe du doigt les failles d'un système qui, selon lui, ne protège pas assez les victimes. "Il faut savoir que le mot féminicide n'existe toujours pas dans le droit français. On aide les coupables à 100%, mais la victime, elle, doit se débrouiller seule pour prouver qu'elle est une victime".

Habitant Saint-Chamas, il est toujours engagé dans des procédures judiciaires pour faire valoir les droits de son fils et de son ex-femme, et déplore la lenteur et la froideur des tribunaux. Une épreuve supplémentaire qui s'ajoute à la perte d'un enfant.

 

La lutte continue avec les « Bancs Rouges »

Face à cette réalité où "100 femmes meurent chaque année en France", Jean-Jacques Bertin a choisi l'action à travers son association. Son combat passe par l'installation de bancs rouges symboliques dans les communes du pourtour de l'Étang de Berre.

"Le rouge représente l'amour, mais l'idée est surtout de faire de la prévention. Permettre à une femme, victime ou non, de s'asseoir dans un endroit paisible et de se dire : il faut que je sorte de là. Seule la fuite peut sauver une victime", explique-t-il.

 

Un appel à une véritable décision politique

En conclusion de son intervention, Jean-Jacques Bertin a lancé une comparaison glaçante pour interpeller l'opinion et les décideurs : "On est en 2026 et il meurt plus de femmes françaises dans leur domicile ou à l'extérieur sous les coups que de soldats en opération extérieure. C'est grave."

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