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Le procès à Marseille du député Insoumis Sébastien Delogu renvoyé en octobre

3min

Par Maritima 09/06/2026 à 14:56

Le procès du député Insoumis Sébastien Delogu, qui devait se tenir mardi, a été renvoyé au 21 octobre, sur demande de l'élu poursuivi pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels d'un entrepreneur à qui il reprochait ses liens avec Israël.

Sébastien Delogu, 39 ans, ne s'est pas présenté à l'audience au tribunal correctionnel de Marseille. Considérant le retard de courrier dans ce dossier, pour lequel les parties n'ont été convoquées qu'en mai, le tribunal a jugé "légitime" la demande de renvoi.

Me Yones Taguelmint, l'avocat de M. Delogu, a plaidé le manque de temps, d'autant que depuis qu'il a reçu la convocation en mai, "plusieurs procédures en parallèle sont intervenues concernant Sébastien Delogu".

Fin mai, le député aux positions ouvertement propalestiniennes a porté plainte contre un homme pour l'avoir insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête.

Il sera aussi entendu en tant que victime dans une autre affaire de harcèlement, en ligne cette fois-ci, le 7 juillet.

Me Taguelmint a assuré qu'il n'y avait "pas de manoeuvre dans cette demande.  On aurait pu invoquer l'immunité parlementaire", a encore plaidé l'avocat, assurant de la volonté de Sébastien Delogu d'assister à son procès.

 

Risque l'inégilibilité

 

L'élu, qui s'est fait remarquer notamment en brandissant un drapeau palestinien à l'Assemblée nationale, a précédemment été condamné pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023 à Marseille.

Dans le dossier qui sera jugé en octobre, M. Delogu encourt cinq ans de prison et 750.000 euros d'amende. Il risque également une peine complémentaire d'inéligibilité: il est accusé de recel de biens provenant d'un vol? et divulgation d'informations personnelles permettant d'identifier ou de localiser une personne et exposant un risque direct d'atteinte à la personne, et atteinte au secret des correspondances.

Les faits remontent au 19 septembre 2024, en plein conflit social dans la société Laser Propreté, chargée du nettoyage de la gare Saint-Charles et du réseau de transports marseillais.

Des représentants du personnel envahissent le bureau du dirigeant de la société, Isidore Aragones, ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille, se plaignant notamment de ne pas percevoir l'intégralité de leurs salaires.

Il constate ensuite le vol d'une pochette, dans laquelle se trouvaient son passeport et celui de son épouse, un devis pour un voyage à l'étranger et d'autres documents privés.

Cinq jours plus tard, Sébastien Delogu, qui soutenait les grévistes de Laser Propreté, diffuse sur son compte Instagram "une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l'État d'Israël, ainsi que ses projets financiers personnels", selon le parquet.

Dans ses messages sur les réseaux sociaux, M. Delogu ironisait sur le coût des voyages de M. Aragones au Brésil et en Israël et des travaux prévus dans une résidence secondaire, évoquant aussi le soutien de l'ex-avocat à l'armée israélienne.

M. Aragones, interrogé par l'AFP, voudrait "que justice soit enfin faite". Victime de coups de fil malveillants et de menaces depuis cet événement, il assure vivre "dans la peur".

 

© Agence France-Presse

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