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Aix-en-Provence

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Justice

Procès de Bastia-Poretta: le procureur général d'Aix dénonce une "paralysie" orchestrée par les accusés

4min

Par Maritima 24/05/2024 à 15:00

Le procureur général près la cour d'appel Aix-en-Provence a dénoncé vendredi la volonté des accusés de "paralyser" le procès de l'assassinat de deux membres du banditisme corse à l'aéroport de Bastia-Poretta en 2017, en refusant de comparaître et en récusant leurs avocats.

"La justice ne peut admettre, au terme de sept années de procédure, qu'un accusé paralyse un procès criminel en récusant son avocat et en refusant de comparaître", a estimé Franck Rastoul, le procureur général, dans une déclaration à l'AFP, un écrit rarissime s'agissant d'un procès en cours.

Ce procès, qui a commencé début mai et est censé durer deux mois, se tient depuis jeudi sans la majorité des 14 accusés, qui refusent désormais de comparaître, et sans leurs avocats successifs, qui ont quitté l'audience après le rejet de leurs demandes de renvoi, demandes portant notamment sur la date d'audition des enquêteurs, une étape cruciale dans un procès d'assises.

Dans sa déclaration écrite, le procureur général rappelle que si "le ministère public, les avocats des accusés et des parties civiles font valoir leurs observations et demandes", la cour elle est "tenue d'y répondre, par décision collégiale, conformément à la loi".

Jeudi après-midi, l'audience s'était ainsi poursuivie dans une ambiance lunaire, avec l'audition de témoins des faits face à un box des accusés vide, comme les bancs des avocats. Dans un communiqué, les avocats, dont le ténor du barreau de Lille Frank Berton, avaient exprimé "leur indignation" jeudi soir, estimant que ce "procès de la honte" se poursuivait dans "des conditions indignes d'un Etat de droit".

 

"Une stratégie de blocage"

 

Dans ce texte les avocats de la défense dénoncent notamment le fait que les auditions des enquêteurs aient été reprogrammées "cinq semaines après le début du procès, soit à la mi-juin, ce qui porte gravement atteinte au principe de l'oralité des débats et prive de sens toutes les dépositions pouvant être recueillies jusqu'à cette comparution".

Selon une source judiciaire auprès de l'AFP, tout cela ressemble à "une stratégie de blocage" de la part des accusés, dont certains risquent la perpétuité, "pour éviter d'être jugés au fond et dans l'espoir d'être libérés pour délais déraisonnables", pour un dossier qui remonte donc à près de sept ans.

De plus ce procès sous haute sécurité, prévu jusqu'au 5 juillet, se déroule dans des "conditions exceptionnelles" et a coûté à l'institution judiciaire une "somme considérable" avec de nombreux aménagements comme l'agrandissement du box des accusés, a précisé cette source judiciaire.

 

© Agence France-Presse

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