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Aix-en-Provence

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Justice

Procès à Aix du triple narchomicide : un mis en cause maintient ses accusations choc

3min

Par Maritima 04/11/2026 à 16:02

Zakaria Bensaci a réitéré mercredi devant la cour d'assises à Aix-en-Provence ses déclarations choc sur deux de ses co-accusés, des barons de la drogue, qu'il charge de l'entière responsabilité du triple narchomicide pour lequel cinq hommes sont jugés.

Les accusations émises par M. Bensaci depuis le box où il comparaît depuis le 19 octobre, avaient fait sensation, lundi en fin d'audience. Selon son avocate, il est la cible de menaces verbales en prison depuis ses accusations de lundi.

Dans un lourd silence, cet homme de 31 ans à la frêle silhouette les a maintenues et détaillées mercredi, identifiant de nouveau Amine Oualane comme "le tireur", et Karim Harrat comme "le commanditaire".

Ces deux hommes, dont l'un est considéré comme un chef de la DZ Mafia, nient toute implication, bien que des écoutes et des traces d'ADN les incriminent, selon les enquêteurs.

M. Bensaci a repris son déroulé du funeste 28 décembre 2020, quand trois jeunes impliqués dans le trafic sont attirés dans un guet-apens meurtrier avant d'être carbonisés dans des voitures incendiées: Reda, Nassim et Brahim, grand frère du militant antitrafic Amine Kessaci.

M. Bensaci assure avoir initialement rejoint Amine Oualane qui lui avait parlé, non d'un guet-apens, mais d'un "vol de véhicule pour des amis" - Brahim et Reda.

Le soir des faits, à Châteauneuf-les-Martigues, M. Bensaci se retrouve dit-il sur le siège passager d'une Mercedes conduite par Nassim. Dans un autre véhicule, Brahim et Reda, et sur la banquette arrière Amine Oualane ainsi qu'"une autre personne" qu'il ne nommera jamais.

Avec Nassim, "on a entendu tirer plusieurs fois", raconte M. Bensaci. D'après lui, Brahim et Reda sont tués dans leur véhicule.

"On est descendu (...) c'est là qu'on a vu une personne venir et ouvrir le feu, c'est Amine Oualane", poursuit-il. Nassim est tué à son tour.

L'accusé insiste : "il y avait un seul tireur, il les a abattus les trois."

Amine Oualane "m'a fait comprendre qu'il y avait un commanditaire qui avait payé de l'argent" pour cette exécution, poursuit M. Bensaci. Sur le retour "il a commencé à parler de Karim Harrat son copain de Dubaï, il a évoqué 200.000 euros et qu'il allait me donner de l'argent."

Aux deux derniers accusés, il attribue des rôles qu'ils ne réfutent pas: Malik Kariba découpera ultérieurement le corps de Nassim. Nadjim Mbae aurait lui fourni, avant les faits, un boitier de démarrage servant à voler une voiture.

Face à ces "révélations", rares dans un procès de narcotrafic, le président de la cour d'assises avertit: "On a entendu votre version, elle reste à ce stade une information, elle ne scelle pas la vérité objective."

 

© Agence France-Presse

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